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Le Journal Des 27 – Mardi 26 Avril

Écrit par sur 26 avril 2022

Bienvenue dans cette édition du journal des 27, l’émission qui suit le travail de la présidence française de l’UE. Depuis le 1er janvier 2022 et jusqu’à la fin du mois de juin, c’est la France qui est ainsi chargée de coordonner le travail des 27 au sein du Conseil de l’Union européenne, institution qui réunit les ministres des différents Etats-membres. 

Lundi 11 avril les ministres se sont réunis pour débattre de la situation en Ukraine, alors que les offensives russes continuent de ravager l’est du pays. L’occasion pour les Etats membres de réitérer leur soutien. 


Effectivement les ministres des affaires étrangères de l’UE se sont retrouvés lundi 11 avril au sujet de l’Ukraine. Ils ont montré un front uni contre l’agression militaire russe et en ont profité pour réaffirmer le soutien politique et financier de l’UE à l’Ukraine. Le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a à cette occasion déclaré que “l’offensive russe à venir dans l’est nous rend encore plus déterminés à continuer de soutenir l’Ukraine”. 


Les ministres ont également souligné l’importance de juger les responsables de violations du droit international en Ukraine. 


Oui Laura, depuis la découverte des massacres de Boutcha, les preuves de violations manifestes du droit international s’accumulent. Dans un rapport de Human Rights Watch publié le 21 avril,  l’ONG recense de nombreuses preuves d’exécutions sommaires, d’homicides illégaux, de disparitions forcés et d’actes de torture. Des actes susceptibles de constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité. A ce sujet, les ministres de l’UE ont affirmé leur soutien au procureur de la Cour pénale internationale ainsi qu’au procureur ukrainien, grâce à des financements ainsi que l’envoi de personnel sur place. La mission de conseil de l’UE va également être déployée pour coopérer à l’enquête et à la collecte de preuves. 


Autre sujet, les ministres se sont également penchés sur les efforts visant à renforcer la lutte contre la désinformation. 


En effet, les ministres sont conscients que cette guerre se joue également par médias interposés et sur les réseaux sociaux. Le Conseil a d’ores et déjà adopté un règlement restreignant l’accès des principaux médias contrôlés par l’Etat russe, dont Russia Today et Sputnik, à l’espace médiatique européen. 


A l’occasion de ce conseil des affaires étrangères, les ministres ont également procédé à un échange de vue sur la stratégie “Global Gateway” présentée en décembre dernier par la Commission européenne. Pouvez-vous nous rappeler l’objectif de cette initiative ? 


Eh bien Laura, la stratégie “Global Gateway” est un plan d’investissement mondial chiffré à plus de 300 milliard d’euros.  Ce dernier vise à développer des liens durables avec le reste du monde, dans ce que certains observateurs voient comme une manière de contrer l’influence chinoise. L’objectif pour l’exécutif européen est d’investir ces milliards dans des projets massifs d’infrastructures partout dans le monde. La présidente de la Commission Ursula Von der Leyen a par exemple mentionné le financement de routes, de ponts, mais également le développement de l’Internet à haut débit en Asie, en Afrique, et en Amérique du Sud.


Comment l’UE compte-t-elle alors se distinguer de la stratégie chinoise ? 


Dans la dernière communication publiée par la Commission, l’exécutif insiste sur la dimension démocratique de la nouvelle initiative européenne. “Nous voulons créer des liens, pas des dépendances” a déclaré la présidente Ursula Von der Leyen. L’exécutif européen assure vouloir garantir des “conditions de concurrence équitables [et] conformes aux valeurs démocratiques de l’UE”, dans ce qui doit devenir un étendard du  modèle européen. Les ministres des affaires étrangères de l’UE ont fourni des orientations pour faire en sorte qu’une approche géopolitique et mondiale de la connectivité soit adoptée dans le cadre de cette initiative. 


Autre conseil présidé par la France ces dernières semaines, celui des affaires générales. Le conseil des affaires générales a comme prérogatives la préparation des réunions du conseil européen. Comment fonctionne-t-il Juliane ? 


Eh bien Laura, le conseil des affaires générales se réunit une fois par mois. Il se compose essentiellement des ministres des affaires européennes de tous les Etats membres de l’UE. Il est chargé de veiller à la cohérence des travaux de toutes les formations du Conseil. En addition, il est chargé d’un certain nombre de domaines d’action transversaux tels que l’élargissement de l’UE et les négociations d’adhésion des pays candidats. 


Le 12 avril dernier, les ministres de l’UE se sont donc réunis au sein du Conseil des affaires générales, dans le cadre du dialogue annuel sur l’Etat de droit dans un certain nombre d’Etat membres. 


En effet, chaque année s’organise un dialogue sur la situation de l’Etat de droit au sein de l’Union. Cette année les pays membres ont échangé à propos de la situation du Luxembourg, de la Hongrie, de Malte, des Pays-Bas et de l’Autriche. L’occasion pour les Etats membres concernés par ce dialogue de présenter à tous les principales évolutions et spécificités de leur gouvernance en matière d’Etat de droit. Un échange de vue qui n’a pas donné lieu à l’adoption de conclusions par le Conseil. 


Un dialogue de toute importance puisque les violations relatives à l’Etat de droit se multiplient chez certains Etats membres. Une commission d’enquête du Parlement européen au sujet de l’utilisation du logiciel Pegasus a d’ailleurs lancé ses travaux le 20 avril dernier. 


Effectivement, mardi dernier, la nouvelle commission du Parlement chargée d’enquêter sur l’utilisation de Pegasus a tenu sa première réunion. Certains Etats européens, comme la Pologne et la Hongrie, ont déjà reconnu avoir usé du logiciel espion, mais uniquement dans leur lutte contre le terrorisme et le crime organisé. Pourtant l’ONG Amnesty International affirme que des gouvernements ont en réalité utilisé le logiciel pour cibler des journalistes, des activistes ou encore des membres de l’opposition. Le 19 avril dernier le laboratoire canadien Citizen Lab a également révélé que plusieurs dizaines de personnalités indépendantistes catalanes ont été visées par le logiciel Pegasus. Une violation manifeste de l’Etat de droit au sein de l’Union européenne. 

Juliane Barboni – Laura Léger


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