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Le Journal Des 27 – Mardi 3 Mai

Écrit par sur 3 mai 2022

Bienvenue dans cette édition du journal des 27, l’émission qui suit le travail de la présidence française de l’UE. Depuis le 1er janvier 2022 et jusqu’à la fin du mois de juin, c’est la France qui est ainsi chargée de coordonner le travail des 27 au sein du Conseil de l’Union européenne, institution qui réunit les ministres des différents Etats-membres. 

Plus d’une semaine après la victoire d’Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle française, une vague de soulagement s’est fait ressentir en Europe. 

Bonjour à tous, bonjour Laura ! Oui, Emmanuel Macron jouit au sein de l’UE du statut de président français le plus europhile de la Vème République. Une réputation alimentée récemment par trois dirigeants européens qui ont pris parti pour le président sortant, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde quelques jours avant le second tour des élections. L’allemand Olaf Scholz, l’Espagnol Pedro Sanchez et le Portugais Antonio Costa, se sont en effet adressés aux français afin de les mettre en garde contre les dangers de l’extrême droite que représente Marine Le Pen. Soutenant le projet d’une Union européenne je cite “souveraine et humaine”, la réélection d’Emmanuel Macron a donc été perçue comme un soulagement par la communauté internationale. 

Le deuxième tour des élections présidentielles était en effet présenté comme une confrontation entre europhiles et eurosceptiques. 

Effectivement Laura, les visions d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen au sujet de l’UE divergent profondément. Si cette dernière ne fait plus mention de sortie de l’UE, ou de “Frexit”, au sein de son programme, elle milite néanmoins pour inscrire la supériorité du droit national sur le droit européen. Une mesure déjà prise par la Pologne, en décembre dernier, et qui a rapidement été sanctionnée par la Commission européenne.  

Au contraire, le président-candidat a affiché sa volonté de protéger l’Europe, et ce à de nombreuses reprises. 

Tout à fait. Lors de sa visite de campagne à Strasbourg, le 12 avril dernier, Emmanuel Macron a rendu hommage au caractère européen de la ville alsacienne, avant de déclarer : “Notre Europe c’est la paix […] le nationalisme c’est la guerre. L’Europe c’est celle qui nous protège”.  Il a également insisté sur le rôle important joué par le Conseil de l’Europe, institution intergouvernementale de protection des Droits de l’Homme qui siège à Strasbourg, tout comme le Parlement européen qui accueille chaque mois les eurodéputés lors des sessions plénières. 


Réélu pour un deuxième mandat de cinq ans et présidant encore pour quelques semaines les réunions du Conseil de l’UE, Emmanuel Macron semble être arrivé à prendre la tête du leadership européen et à infuser sa vision de l’Europe au sein des institutions de l’UE. 

Effectivement Laura, le président sortant insiste largement sur l’importance d’une Europe puissante dans le monde. Une souveraineté qui doit, selon lui,  s’effectuer par un meilleur contrôle des frontières internes de l’UE et l’approfondissement de l’Europe de la défense. En addition, Emmanuel Macron défend le respect de l’Etat de droit par les Etats membres, et a d’ailleurs souligné à plusieurs reprises, je cite, “la nécessité de re-convaincre les peuples qui s’en sont éloignés”. Une référence à peine voilée aux provocations régulières de la Pologne et de la Hongrie, qu’Emmanuel Macron déplore. 

Après plus de quatre mois à la tête des réunions du Conseil de l’UE et le déclenchement de la guerre en Ukraine qui a chamboulé une partie des priorités de la PFUE, quel bilan peut-on dresser de la présidence française ? 

Eh bien, le souhait d’Emmanuel Macron de construire  une “Europe puissante [et] libre de ses choix” a brutalement trouvé toute son actualité avec l’invasion russe en Ukraine au mois de février. Le conflit a notamment donné un nouvel élan au projet de boussole stratégique de l’UE. Un cheval de bataille du président français qui est parvenu à l’adoption du tout premier “livre blanc” de la défense européenne par le 27 Etats Membres.

Autre temps fort de la présidence française : l’adoption d’une législation historique à l’égard des marchés numériques et la construction d’une politique commerciale européenne plus agressive à l’encontre des entreprises étrangères. 

En effet, la politique numérique de l’UE est une priorité de la PFUE.  Le 24 mars dernier, la législation sur les marchés numériques, le “Digital Markets Act” a été approuvée par le Conseil, la Commission et le Parlement européen. Un texte novateur,  qui s’attelle à réguler le monopole des GAFAM sur le net. Il vise notamment à combattre certaines pratiques anticoncurrentielles d’entreprises comme Google ou Amazon. 

Du côté de la politique commerciale de l’UE : la présidence française s’est félicitée de l’accord en matière d’accès réciproque au marché européen, conclu le 14 mars dernier. Un nouveau règlement qui doit pousser la Chine et les Etats-Unis à ouvrir davantage leur marché intérieur aux entreprises européennes, s’ils souhaitent continuer à avoir accès aux appels d’offres de l’Union. 


Si la réélection d’Emmanuel Macron à la tête de la France réjouit les europhiles convaincus, les thèmes mobilisés par sa campagne ne satisfont pas l’ensemble des citoyens européens. 

Oui Laura, la grande absente de la campagne présidentielle française et plus largement de la présidence française de l’UE reste l’écologie. Malgré la publication de deux rapports alarmants du GIEC au mois de février et d’avril dernier, le sujet n’a que très peu été abordé lors de la campagne et du débat d’entre deux tours entre Marine le Pen et Emmanuel Macron. 

Le thème de la transition énergétique représente pourtant aujourd’hui un thème majeur de l’actualité européenne. 

C’est vrai Laura, néanmoins, les associations écologistes regrettent que la thématique environnementale ne soit traitée que par le prisme de la crise énergétique qui s’abat aujourd’hui sur l’Europe, depuis l’invasion de l’Ukraine. Un biais insuffisant pour bon nombre d’ONG qui réclament davantage de considérations de la part des institutions européennes vis-à-vis des objectifs fixés par les Accords de Paris et le Pacte Vert européen,  et ce afin de parvenir à la neutralité climatique d’ici 2050. 

Juliane Barboni – Laura Léger


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