Elise Bernard, docteur en droit public et enseignante à Sciences-Po Aix et à l'ESSEC, décrypte chaque lundi sur Euradio les implications concrètes de l'État de droit dans notre actualité et notre quotidien. Ses analyses approfondies, publiées sur la page Europe Info Hebdo, offrent un éclairage précieux sur ce pilier fondamental de l'Union européenne.
L’Etat de droit revient de manière tout à fait inattendue, à l’occasion du dernier Forum économique mondial, du 19 au 23 janvier 2026, et fait écho à toutes nos réflexions de ces dernières années en Europe !
Eh oui Laurence, confrontés à des risques de plus en plus précis, les Européens n’ont pas d’autre choix que d’explorer des outils de réponse plus explicites. Le mécanisme anti-contrainte en matière de politique commerciale, conçu pour offrir une capacité de réaction coordonnée face aux menaces économiques extérieures, permet d’engager fermement un cadre aux fins d’équilibrer la défense des intérêts commerciaux.
L’externalisation de la sécurité du continent européen est devenue une vulnérabilité stratégique maintenant mais les réponses européennes commencent à s’affirmer.
Oui et ce ne sont pas des réponses sous forme de menaces vides de sens. C’est ça qui marque les discours européens et canadien à Davos. Répondre à Trump ne signifie pas adopter son style ou sa rhétorique. L'Europe ne gagnera pas en influence en imitant une logique de confrontation permanente. Une diplomatie fondée uniquement sur des déclarations est insuffisante.
Oui d’autant que les ennemis de l’Europe semblent avoir bien identifié nos divisions internes. Chaque fissure au sein de l'Union amplifie les risques de pression.
C’est peut-être pour cela que le ton a changé dans les réponses européennes aux provocations de Trump. Nous aimons nos règles, elles nous sont utiles et profitables, nous n’y renoncerons pas.
Et c’est facile de vérifier si elles existent et comment les mettre en œuvre puisque toute la législation est accessible en ligne.
Voilà, l’outil existe, il peut être mis en œuvre. La mise en œuvre de cet outil européen ne dépend pas du respect du multilatéralisme et certainement pas d’un accord états-unien. Le monde a changé, l’Union doit s’adapter, l'ignorer ne le fera pas disparaître, et ça tombe bien, nos outils nous permettent d’y faire face.
La politique économique et la politique de sécurité sont devenues des dimensions centrales de la politique étrangère.
Oui et si de gros efforts doivent être faits en matière de défense et sécurité, en matière économique, l’Union sait de quoi elle parle. Elle dispose d'une solide marge de manœuvre pour agir en tant qu'acteur important dans le système international. Elle ne doit plus avoir peur de vexer, puisque les autres ne se gênent pas.
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.