Nous nous réveillons enfin. La possibilité que les avancées technologiques de la Chine, ses bas coûts de production et l’ampleur de ses aides d’Etat n’aient raison de secteurs de pointe de l’industrie européenne et non plus seulement de fabrications sans valeur stratégique sonne l’alarme dans toute l’Union.
C’est sur la nature des mesures à prendre et non plus sur leur nécessité qu’on se dispute mais il ne suffit pourtant pas d’ouvrir les yeux et de nous défendre. Il nous faut passer de la défensive à l’offensive, ne plus uniquement penser à nous protéger des surproductions chinoises mais imposer à Beijing un rapport de forces qui l’oblige à négocier et revoir ses politiques.
Ce ne sera pas sans risques. Dans la bataille qui s’ouvre, les Chinois recourront aux mesures de rétorsion dont ils nous menacent déjà mais nous disposons, nous, de deux atouts essentiels.
Le premier est notre taille. L’Union n’est pas l’ensemble le plus peuplé du monde. Elle n’est pas non plus le plus étendu mais avec nos quelque 450 millions d’habitants et bientôt beaucoup plus, nos pouvoirs d’achat et nos taux d’épargne, nous constituons un marché dont la Chine (pas plus d’ailleurs que les Etats-Unis) ne peut simplement pas se passer. Si l’accès au marché européen lui était ne serait-ce que partiellement fermé, l’industrie chinoise aurait beaucoup de mal à trouver d’autres débouchés aussi profitables...