L'humeur européenne de Bernard Guetta

Les sourires après le bazooka

Photo de Peyton Clough sur Unsplash Les sourires après le bazooka
Photo de Peyton Clough sur Unsplash

Chaque semaine sur euradio, retrouvez la chronique de Bernard Guetta, député européen, qui effectue un retour sur les actualités et événements européens actuels.

La musique n’est plus la même. Cette fois, Donald Trump avait envoyé à Munich son secrétaire d’Etat Marco Rubio, un homme assez policé pour savoir dire que les Etats-Unis étaient l’enfant de l’Europe, qu’ils la souhaitaient forte et voulaient « revigorer » l’Alliance atlantique et non pas la briser mais pourquoi le président américain avait-il ainsi changé de pied ?

Ce n’est pas qu’il ait modifié ses choix. Donald Trump n’a pas renoncé à défaire l’Union européenne mais il en revanche tiré les conséquences de l’échec que son vice-président avait essuyé, il y a douze mois, en s’attaquant frontalement aux Européens à cette même Conférence sur la sécurité.

J.D. Vance n’avait alors fait que resserrer les rangs de l’Union. Il avait creusé d’un coup un tel fossé entre les deux rives de l’Atlantique qu’une large majorité d’Européens ne considèrent désormais plus que l’Amérique soit leur allié. Il avait ainsi mis en porte-à-faux les extrêmes-droites sur lesquelles cette Amérique-là entend pourtant s’appuyer et ce n’est pas tout.

En tentant ensuite de contraindre l’Ukraine à la reddition et menaçant d’annexer le Groënland, Donald Trump avait rapproché l’Union, le Royaume-Uni, le Canada et plusieurs autres démocraties dans un front commun face auquel il avait dû reculer par deux fois.

Plus rond et moins hostile à la démocratie que ne le sont un J.D. Vance ou un Elon Musk, Marco Rubio était en position de tendre la main à l’Europe mais où s’est-il rendu après Munich ?

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