Chaque semaine sur euradio, retrouvez la chronique de Bernard Guetta, député européen, qui effectue un retour sur les actualités et événements européens actuels.
« Je n’ai pas d’autre solution », m’a-t-il rétorqué. Je venais de lui demander s’il croyait encore à la coexistence d’Israël et de la Palestine à créer et cet ancien ministre palestinien, vétéran des rencontres pour la paix, a vite clos le débat, agacé qu’on puisse encore poser de telles questions.
S’il était là, vendredi dernier, à cette journée pour la solution à deux États organisée par le ministère français des Affaires étrangères, c’est qu’il faut marteler, contre vents et marées, contre bombes et missiles, que la paix passe obligatoirement par une reconnaissance croisée d’une future Palestine et d’Israël car sinon quoi ?
Les Palestiniens jettent les Israéliens à la mer ?
Les Israéliens expulsent les Palestiniens vers l’Egypte, le Liban, la Syrie et la Jordanie ?
L’un de ces deux peuples massacre l’autre jusqu’au dernier dans ce qui serait bel et bien un génocide ?
Aucun de ces scénarios n’est heureusement crédible. Tous seraient haïssables et si l’idée d’un Etat binational peut paraître séduisante, elle est simplement irréaliste puisque les Palestiniens tiennent tout autant que les Israéliens à un Etat national.
La solution à deux Etats est la seule. Il n’y en a pas d’autre et c’est la première des raisons pour lesquelles elle refait aujourd’hui surface, bien trop lentement mais sûrement. Le Hamas avait cru la torpiller avec le 7 octobre. La droite et l’extrême-droite israéliennes avaient espéré en faire oublier jusqu’à la possibilité en écrasant Gaza sous les bombes et terrorisant la Cisjordanie mais rien n’y a fait.