Chaque semaine, Lyudmyla Tautiyeva nous propose un aperçu de ce qu'il se passe aux frontières de l'Union européenne, traitant de sujets divers tels que la gouvernance, l’entreprenariat, ou encore l'innovation.
Le 24 février les leaders de plusieurs pays européens se sont rendus à Kyiv pour montrer leur solidarité avec l’Ukraine qui marquait le quatrième anniversaire de l’invasion russe. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen, António Costa étaient également à la capitale ukrainienne. Quels messages ont-ils apporté à l’Ukraine qui continue de combattre mais aussi faire des réformes nécessaires à son intégration à l’UE ?
Les leaders de l’Union européenne, Ursula von der Leyen et Antonio Costa ont souligné la détermination des pays européens à renforcer la pression sur la Russie. Il s’agit notamment des secteurs énergétique et financier russes face au ciblage systématique côté russe des infrastructures énergétiques ukrainiennes et de la population civile qui ont rendu cet hiver en Ukraine le plus rude en quatre ans d’invasion.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affiché la confiance que les 20 trains de sanctions contre la Russie qui cible le secteur bancaire et l'énergie seraient adoptés par les pays membres malgré la menace du véto hongrois. Le véto hongrois qui, d’ailleurs, bloque les 90 milliards d’aide macro-financière à l’Ukraine, le président du Conseil européen, António Costa a souligné que « personne ne peut ignorer les décisions du Conseil européen ». Il a parlé d’un accord avec l'Ukraine sur le temps de réparation de l'oléoduc Druzhba, endommagé en janvier par les frappes russes, et qui approvisionne encore la Hongrie et la Slovaquie en pétrole russe.
Enfin, la présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen a annoncé le nouveau plan de soutien à la stabilité énergétique ukrainienne. Il s’agit d'une enveloppe de 100 millions d'euros pour les besoins énergétiques urgents de l’Ukraine qui a vu tout son système énergétique gravement endommagé par les attaques ciblées russes. Plusieurs régions de l’Ukraine vivent toujours sous les coupures d’électricité alors que le rationnement en énergie est la seule façon de pallier le déficit vu les réparations nécessaires des infrastructures énergétiques.
Et en ce qui concerne l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne, est-ce que les leaders européens ont donné plus de précisions sur le délai ou bien la date de l’adhésion ? Il y a quelques semaines le Président ukrainien Volodymyr Zelensky a parlé d’une importance de la définition d’une date de l’adhésion comme une référence clé pour la transformation du pays.
La présidente de la Commission européenne a déclaré qu'il était impossible de fixer une date précise pour l'adhésion de l'Ukraine à l'UE. Elle a souligné que malgré les progrès que l’Ukraine a fait sur les réformes, il restait encore beaucoup à parcourir sur ce chemin de l’intégration européenne. En revanche, von der Leyen a souligné que l'avenir de l’Ukraine réside dans l'Union européenne. Le Parlement européen, à son tour, a adopté le 24 février dernier une résolution sur les quatre ans de guerre de la Russie contre l'Ukraine où il confirme que l'avenir de l'Ukraine réside dans l'UE.
Qu’en est-il justement du progrès de l’Ukraine sur son adhésion à l’UE ?
En décembre dernier, la Commission européenne a mis en œuvre une nouvelle approche dans les négociations avec l’Ukraine pour contourner le véto hongrois sur l’ouverture de nouveaux chapitres dans ce processus alors que l’Ukraine a rempli les prérequis nécessaires pour passer cette étape. Cette solution s’appelle frontloading, Elle permet l’Ukraine de progresser sur des réformes clés sans ouverture formelles de négociations sur les chapitres en question. A Lviv en décembre 2025 Marta Kos, le commissaire européen à l’élargissement a transféré au gouvernement ukrainien une liste de critères pour l’intégration qui a été convenue avec les pays membres de l’UE. Les critères couvre trois clusters sur six dans le processus d’adhésion, à savoir les « Fondamentaux » comme l’état de droit et les institutions démocratiques, le « Marché intérieur » et les « Relations extérieures ».
L’Ukraine a également reçu la liste de 10 priorités pour l’année 2026 essentiellement dans le domaine de l’état de droit qui lui serviront d’une feuille de route dans cette période difficile alors que le pays continue de combattre l’armée russe, gérer la crise énergétique mais aussi gérer les conséquences humanitaires et économiques de la guerre.
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.