Aux portes de l'UE

Les négociations concernant le premier cluster officiellement ouvertes avec la Moldavie et l’Ukraine

© République Française Les négociations concernant le premier cluster officiellement ouvertes avec la Moldavie et l’Ukraine
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Chaque semaine, Lyudmyla Tautiyeva nous propose un aperçu de ce qu'il se passe aux frontières de l'Union européenne, traitant de sujets divers tels que la gouvernance, l’entreprenariat, ou encore l'innovation.

Le 15 juin dernier, a eu lieu à Luxembourg la conférence intergouvernementale sur l'adhésion de l'Ukraine et de la Moldavie à l'Union européenne, où le cluster 1 a été officiellement ouvert à la négociation pour ces deux pays. Cela marque une étape majeure pour l’Ukraine et la Moldavie sur leur voie d’adhésion à l’Union européenne.

Un vrai cap est passé, en effet ! Les 27 représentants des pays membres de l’UE se sont réunis à Luxembourg pour se mettre d’accord sur l’ouverture des négociations avec la Moldavie et l 'Ukraine sur le cluster 1 – la décision était beaucoup attendue après le changement de gouvernement hongrois qui, jusque là, bloquait l’ouverture de cette étape décisive des négociations.

Le vice-Premier ministre ukrainien, Taras Kachka, qui pilote le dossier de l’intégration européenne dans le gouvernement ukrainien était sur place lors de la cérémonie de l’ouverture des négociations.

Et qu’est-ce que l’ouverture de ce cluster signifie en pratique pour ces deux pays ?

Il signifie tout d’abord beaucoup de travail de fond à réaliser sur les cinq chapitres de ce cluster dans les mois et les années à venir pour les gouvernements ukrainiens et moldaves.

Il faut comprendre que l'ouverture des négociations sur ce cluster n'est pas simplement un événement politique protocolaire. Le pays candidat, reçoit du Conseil européen la position de négociation de l’UE. Dans ce document, l'UE définit des critères de référence, c'est-à-dire les conditions qui doivent être remplies par le pays candidat pour clôturer les négociations sur ce groupe des chapitres.

L'Ukraine et la Moldavie ont donc reçu les critères de référence relatifs au premier cluster et peuvent avancer dans leurs réformes en utilisant ces critères comme la feuille de route dans son ambition d’intégration européenne.

Pour rappel, le premier cluster, dit des fondamentaux, porte sur les valeurs et les principes fondamentaux de l'Union européenne et il est donc ouvert en premier et fermé en dernier dans le processus de négociations avec les pays candidats.

Ici on trouve, par exemple, des critères que les pays doivent remplir dans le domaine de l'État de droit et les droits fondamentaux, le fonctionnement des institutions démocratiques, la réforme de l'administration publique ou encore les critères économiques.

Et qu’en est-il des autres clusters, quand est-ce que l’UE pense les ouvrir pour ces pays ?

Marta Kos, la commissaire européenne chargée de l'élargissement a annoncé qu’elle s’attendait à ce que les cinq autres clusters soient ouverts en juillet. Elle a réitéré ce message lors d'une séance à huis clos avec les ambassadeurs, se montrant confiante quant au fait que cela se ferait avant la période des vacances d'été. Cependant, la décision sur l’ouverture des clusters est entièrement politique et relève des pays membres de l’UE.

Peter Magyar, par exemple, s’est déjà montré réticent à l’idée de l’adhésion rapide de l’Ukraine dans l’UE avec de fortes chances que la Hongrie bloque l’ouverture des négociations sur les cinq autres clusters avec l’Ukraine.

En tout cas, dans les conclusions issues de sa dernière réunion tenue la semaine dernière, le Conseil européen note qu'il "attend avec intérêt l'ouverture des autres groupes de chapitres, conformément à l'approche fondée sur les mérites". Une façon de dire que c’est politique et que les pays doivent continuer le bon travail de fond pour l'ouverture des autres cinq clusters.

Lors de cette réunion du Conseil européen le 18 juin, les états-membres ont pu également réaffirmer leur soutien militaire et financier à l’Ukraine, entre autres.

Tout à fait. Ils ont notamment confirmé le premier versement du prêt, avant la fin du mois de juin 2026, à hauteur de 9.1 milliards d'euros à la facilité de financement de l'Ukraine, "Ukraine Facility", pour la période 2026-2027.

Sur le volet militaire, les états-membres ont réaffirmé l’importance de maintenir le soutien militaire à l'Ukraine qui sera fourni également à travers de ce prêt "Ukraine Facility". Sur les 90 milliards du prêt, 60 milliards seront investi dans l'industrie de la défense pour l’Ukraine.

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.