Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 26 janvier 2026

Une manifestation contre le régime iranien dans une ville européenne, lundi 26 janvier 2026. Source : Crannofonix News, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons Aujourd'hui en Europe - 26 janvier 2026
Une manifestation contre le régime iranien dans une ville européenne, lundi 26 janvier 2026. Source : Crannofonix News, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • Iran : 30 000 morts selon Time, l’Europe sous pression
  • Ukraine : la trilatérale piétine, le Kremlin ferme la porte à l’UE
  • France : vers une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

On ouvre ce journal en Iran en revenant sur de nouvelles informations concernant la répression qui s’est abattue  les dernières semaines sur la population iranienne. Selon le magazine Time, le bilan de la répression pourrait dépasser les 30 000 morts, rien que sur deux journées, les 8 et 9 janvier. Le média s’appuie sur des témoignages de deux hauts responsables du ministère iranien de la Santé, et sur un comptage clandestin provenant d’hôpitaux. Time précise toutefois ne pas être en mesure de vérifier ces chiffres de façon indépendante, dans un pays où l’information fait l’objet d’un blocus particulièrement sévère. Comment expliquer un tel écart avec les bilans officiels ?

Parce que Téhéran tente de minimiser la violence de la répression qui pourrait entraîner des réactions internationales fortes. D’après le Time, des proches du pouvoir ont annoncé le 21 janvier un total de 3 117 morts. Mais les ONG, elles aussi, évoquent une hécatombe : l’agence HRANA dit avoir confirmé plusieurs milliers de décès et enquête sur des milliers d’autres.

Et cette crise résonne jusque dans les rues de Bruxelles.

Oui. Dimanche 25 janvier, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées au rond-point Schuman, le cœur du quartier européen, à l’appel de la diaspora iranienne. Des slogans ont appelé à un changement de régime, avec des chants en faveur de Reza Pahlavi, le fils du dernier Shah d’Iran aujourd’hui en exil, et des messages adressés directement à l’Union européenne appelée à durcir sa position. 

Justement, l’Union européenne envisage-t-elle de sanctionner le régime ?

Un premier pas pourrait être discuté jeudi prochain, le 29 janvier, lors du Conseil des ministres des Affaires étrangères. Selon une source européenne citée par la presse, de nouvelles sanctions “significatives” seraient à l’ordre du jour, visant notamment les Gardiens de la Révolution, et possiblement aussi les forces paramilitaires des Bassidjis, une milice paramilitaire liée aux Gardiens, régulièrement accusée d’être en première ligne dans la répression des manifestations. 

Sur le terrain, le régime semble aussi se préparer à une possible attaque américaine.

Oui Euronews rapporte qu’Ali Khamenei aurait été transféré dans un bunker souterrain à Téhéran, sur la base d’informations du site d’opposition Iran International, sur fond de menace d’opération américaine. Et le signal le plus concret vient des États-Unis : un porte-avions américain, l’USS Abraham Lincoln, a été vu en mouvement vers la région, intégré à une “armada” navale évoquée par Donald Trump. 

On poursuit en évoquant un constat : la première réunion trilatérale russo-ukraino-américaine qui devait permettre de faire avancer les négociations sur la fin de la guerre en Ukraine n’a pas abouti à grand-chose.

Ces pourparlers entre Américains, Russes et Ukrainiens, organisés à Abou Dhabi les 23 et 24 janvier 2026, se sont achevés sans avancée majeure, sans cessez-le-feu, ni accord politique. Les trois délégations disent vouloir continuer à discuter, mais à ce stade, rien de concret n’est sorti de ces discussions.

Quels sont les sujets qui posent le plus de problème ?

Parce que les sujets centraux restent explosifs : la question des territoires occupés et surtout les garanties de sécurité pour l’Ukraine après un éventuel arrêt des combats. Selon Politico, ces garanties font partie des points les plus sensibles, et plusieurs pays Européens poussent l’idée d’une présence internationale en Ukraine pour surveiller un éventuel cessez-le-feu.

Et sur le terrain, la guerre ne s’est pas mise sur pause.

Non. Pendant même que les négociateurs étaient réunis, l’Ukraine a dénoncé une nouvelle vague de frappes russes visant notamment les infrastructures énergétiques, en plein hiver, interprétées comme une façon de négocier sous pression.

Et l’Union européenne dans tout ça ?

Moscou l’écarte frontalement. Ce dimanche 25 janvier 2026, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a exclu toute négociation avec les dirigeants européens, qualifiés d’“incompétents”, et a même rejeté l’idée de discuter avec la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. La Russie privilégie un format dominé par Washington. Une situation qui inquiète les capitales européennes, à l’idée qu’un accord se dessine sans elles, sur un dossier qui engage directement la sécurité du continent.

On termine ce journal en France, où la proposition de loi sur l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs entre dans sa phase finale à l’Assemblée nationale. Lundi 26 janvier 2026, les députés doivent examiner ce texte porté par la députée Laure Miller, avec une mesure centrale : interdire l’accès aux plateformes aux moins de 15 ans. Pourquoi ce texte revient-il en force maintenant ?

Parce que l’exécutif veut aller vite. Le samedi 24 janvier 2026, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d’engager la procédure accélérée, pour viser une entrée en vigueur dès la rentrée 2026.

Concrètement, qu’est-ce que ça changerait pour les jeunes ?

Le cœur du texte est simple : pas de compte possible avant 15 ans. Et pour éviter les contournements, il impose aux plateformes une vérification d’âge, avec des exceptions prévues pour certains services comme des ressources éducatives ou des encyclopédies en ligne.

Et la suite, c’est quoi ?

Si le calendrier s’accélère, l’objectif est clair : boucler rapidement le parcours parlementaire, alors que la question de la santé mentale des adolescents est devenue un sujet politique majeur. Reste un défi : faire appliquer la règle, face à des plateformes mondiales et des techniques de contournement déjà bien connues. 

Un Journal de Thomas Kox et Giona Melotto.