Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 22 janvier 2026

Donald Trump au Forum économique mondial de Davos (Suisse), le 21 janvier 2026.  Source : “World Economic Forum Annual Meeting” di World Economic Forum, CC BY-NC-SA 4.0 Aujourd'hui en Europe - 22 janvier 2026
Donald Trump au Forum économique mondial de Davos (Suisse), le 21 janvier 2026. Source : “World Economic Forum Annual Meeting” di World Economic Forum, CC BY-NC-SA 4.0

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Laura Léger, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • Davos : Trump recule sur le Groenland et évoque un accord avec l’OTAN
  • L’affaire Groenland, “cadeau” stratégique pour Moscou
  • Cyber : l’Union européenne durcit ses règles, Pékin hausse le ton

On ouvre ce journal à Davos, où Donald Trump a finalement revu sa position, mercredi 21 janvier, après plusieurs jours de vives tensions avec les Européens. Dans son discours au Forum économique mondial, le président américain a continué d’évoquer le Groenland, mais en écartant désormais explicitement toute option militaire. Qu’a annoncé Donald Trump, concrètement, depuis Davos ?

Il a maintenu une forte pression politique en appelant à l’ouverture rapide de discussions, tout en laissant entendre que des instruments économiques restaient sur la table. Mais, sous l’effet d’un front européen resserré et de la médiation engagée par le secrétaire général de l’OTAN, il a surtout annoncé la suspension de ses menaces de nouveaux droits de douane contre l’Europe, marquant un recul notable par rapport aux jours précédents.

Quelle porte de sortie semble être envisagée ?

Selon plusieurs informations publiées mercredi, Donald Trump a évoqué le cadre d’un futur accord élaboré avec Mark Rutte autour du Groenland. Cette option serait centrée sur un renforcement de la coopération militaire et de la sécurité dans l’Arctique, sans remise en cause affichée de la souveraineté danoise — une manière de désamorcer la crise tout en préservant ses objectifs politiques.

Face à cette séquence, comment l’Union européenne a-t-elle commencé à réagir ?

D’après Politico, le Parlement européen devait demander à la Commission, lundi 26 janvier, d’activer l’instrument anti-coercition, conçu pour répondre à des pressions économiques exercées par un pays tiers. Mais l’accalmie observée à Davos, et la mise en pause des menaces américaines, pourraient inciter Bruxelles à temporiser — un choix qui divise entre volonté de désescalade et crainte d’envoyer un signal de faiblesse.

Tandis que la relation transatlantique traverse une période de forte turbulence, la crise autour du Groenland est perçue comme une véritable aubaine politique pour le Kremlin — au risque de compliquer encore davantage le dossier ukrainien.

Oui car ces turbulences mettent en lumière les tensions entre alliés occidentaux et menacent même l’avenir de l’OTAN. Pour le Kremlin, chaque controverse qui fragilise le lien entre Washington et les Européens affaiblit mécaniquement le soutien à Kiev — et alimente le récit d’un Occident divisé.

Quelle a été la réaction la plus marquante côté russe ?

Mardi 20 janvier, le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov a établi un parallèle direct avec la Crimée, annexée par Moscou en 2014, en déclarant que « la Crimée est tout aussi importante pour la sécurité de la Russie que le Groenland l’est pour les États-Unis ». Un message visant à légitimer, par comparaison, les ambitions russes en Ukraine.

Et en quoi cela pose-t-il un problème concret pour l’Ukraine ?

D’abord parce que cet emballement médiatique et diplomatique risque de reléguer la guerre au second plan, au moment où l’hiver reste extrêmement difficile sur le front et pour les civils, avec des infrastructures civiles régulièrement ciblées par les frappes russes.

D’ailleurs, Trump et Zelensky devaient se voir à Davos ?

Oui. Mercredi 21 janvier, Donald Trump a confirmé qu’il devait rencontrer Volodymyr Zelensky jeudi, toujours à Davos, en affirmant que les discussions en vue d’un accord étaient « raisonnablement proches ». Une rencontre attendue, alors que Kiev réclame davantage d’aide et des garanties de sécurité mais dont l’issue dépendra certainement de l’humeur, on le sait très volatile, du locataire de la Maison-Blanche.

On clôture ce journal en revenant sur un nouvel épisode de tensions UE–Chine, sur fond de cybersécurité. Bruxelles prépare un durcissement de ses règles pour écarter les fournisseurs jugés « à risque » des infrastructures critiques — et Pékin a aussitôt réagi. Que prévoit exactement l’Union européenne ?

La Commission travaille sur une révision du Cybersecurity Act, qui pousserait à retirer progressivement certains équipements et composants des réseaux stratégiques. Le texte ne cite pas officiellement de pays, mais il est largement perçu comme visant des entreprises chinoises comme Huawei ou ZTE, notamment dans les télécoms.

Pourquoi Pékin est-il monté au créneau ?

La diplomatie chinoise a dénoncé une mesure « protectionniste » et a accusé l’UE de nuire à la confiance des entreprises chinoises. Pékin a averti qu’il prendrait, je cite, des « mesuresnécessaires » pour défendre ses intérêts.

Et que se passerait-il concrètement si le texte entrait en vigueur ?

Selon les premières propositions, les opérateurs pourraient avoir 36mois pour retirer les composants concernés dans les réseaux mobiles, et le champ des secteurs visés irait bien au-delà des télécoms. Un nouveau bras de fer qui illustre la stratégie européenne de « réduction des risques » vis-à-vis de la Chine.

Un Journal de Laura Léger et Giona Melotto.