Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Laura Leger, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.
Au programme :
- Présidentielle au Portugal : large victoire de Seguro, Ventura à 33%
- Affaire Epstein : l’onde de choc gagne l’Europe
- Russie : un suspect arrêté après la fusillade visant le général Alekseïev
On ouvre ce journal au Portugal, au lendemain d’un second tour présidentiel qui confirme deux tendances : une victoire nette du candidat socialiste, et la montée de l’extrême droite.
Oui selon les résultats officiels António José Seguro, candidat du Parti socialiste, l’emporte avec 66,7% des voix, contre 33,3% pour André Ventura, le leader de Chega! parti d'extrême droite portugais. Malgré de fortes intempéries, le scrutin s’est tenu presque partout, même si quelques communes inondées ont dû le décaler. Seguro succédera au président sortant Marcelo Rebelo de Sousa, arrivé au terme de ses deux mandats. L’investiture est attendue pour le 9 mars. Ce scrutin signe aussi le retour d’un président socialiste, une première depuis près de vingt ans.
Le président portugais n’est pas le chef du gouvernement, mais il dispose notamment de leviers lors de périodes de tensions.
Oui il peut notamment opposer un veto à certaines lois et, surtout, dissoudre l’Assemblée et provoquer des législatives anticipées. Dans ce contexte, la question est moins le pouvoir du président au quotidien que sa capacité à trancher si le pays replonge dans une crise.
Malgré l’échec de l’extrême droite, c’est un résultat notable qui confirme la progression de Chega !
Oui aux législatives de mai 2025, le parti avait déjà atteint 22,8% des suffrages et remporté 60 sièges, devenant la principale force d’opposition. En face, l’alliance de centre droit au pouvoir avait obtenu 31,8% et 91 députés, mais sans majorité absolue au Parlement qui compte 230 sièges. De leur côté les socialistes étaient tombé à 58 sièges.
La poussée du parti d’extrême droite est fulgurante : fondé en 2019, Chega! ne pesait alors qu’environ 1,3% et n’avait alors obtenu qu’un seul député.
Pour le nouveau président l’enjeu principal est désormais la stabilité.
Oui António José Seguro se présente comme un président de dialogue, et avertit qu’il surveillera de près les réformes sociales, notamment sur le droit du travail.
On continue ce journal en evoquant l’« affaire Epstein », dont les conséquences ne cessent de se diffuser en Europe, à mesure que de nouveaux documents américains sont rendus publics.
Oui, fin janvier, le département américain de la Justice a publié une nouvelle série de “fichiers Epstein” : des millions de documents internes — courriels, carnets d’adresses, éléments de procédure — qui détaillent les réseaux et les contacts entretenus par Jeffrey Epstein, mort en 2019 alors qu’il attendait son procès pour trafic sexuel. Un point essentiel : être cité dans ces documents ne prouve pas une infraction, mais l’onde de choc politique provoquée par ces documents, elle, est bien réelle.
Au Royaume-Uni, la crise est venue toucher le gouvernement.
Oui le chef de cabinet de Keir Starmer, Morgan McSweeney, a démissionné en disant assumer sa responsabilité : il dit avoir conseillé au Premier ministre de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington, malgré des liens connus de ce dernier avec Epstein — y compris après sa condamnation de 2008. Mandelson a depuis été écarté, et la police britannique enquête sur une possible “faute dans l’exercice d’une fonction publique” — sans accusation d’infraction sexuelle à ce stade.
En France, le retentissement est également important et a provoqué la démission de Jack Lang.
Oui, l’ancien ministre de la Culture a finalement quitté la présidence de l’Institut du monde arabe après l’ouverture d’une enquête financière pour “blanchiment de fraude fiscale aggravée”, dans un contexte de liens d’affaires et de correspondances révélés dans les documents. Lang et sa fille Caroline contestent toute malversation, mais l’épisode met sous pression des institutions culturelles et diplomatiques.
Et ce n’est pas un phénomène isolé.
La liste des Européens cités va de la Norvège — où la princesse héritière Mette-Marit a reconnu un “mauvais jugement” — au Forum économique mondial, qui a lancé une enquête interne sur son directeur, en passant par la Slovaquie, où le conseiller à la sécurité nationale a annoncé sa démission. Les demandes d’auditions se multiplient en Europe.
Au-delà du scandale américain, l’Europe se retrouve face à une question de confiance, de transparence et de contrôle des nominations. Plusieurs capitales promettent déjà de revoir les procédures de vérification et de durcir les règles d’éthique sur les nominations et les conflits d’intérêts.
L’onde de choc est importante car au-delà des noms, c’est la crédibilité de certaines institutions qui est en jeu après ces révélations.
On termine ce journal en Russie, après la tentative d’assassinat visant le général Vladimir Alekseïev, un haut responsable du renseignement militaire russe, le GRU.
Effectivement le FSB – le service fédéral de sécurité russe – a annoncé ce dimanche l’arrestation d’un suspect, un citoyen russe interpellé à Dubaï avec l’aide des autorités des Émirats arabes unis, puis remis à la Russie. L’homme est soupçonné d’avoir tiré à plusieurs reprises sur Alekseïev vendredi 6 février, dans la cage d’escalier de son immeuble résidentiel à Moscou. Le général, adjoint à la direction du GRU, a été opéré et se remettrait de ses blessures.
Moscou affirme que l’attaque a été commanditée par le SBU, les services de sécurité ukrainiens.
Selon le service de sécurité russe, le suspect aurait été recruté en août 2025 en Ukraine, entraîné à Kyiv et rémunéré en cryptomonnaies, avec la promesse d’une récompense d’environ 30 000 dollars. Le service dit aussi avoir identifié des complices, dont l’un a été arrêté à Moscou, tandis qu’un autre aurait pris la fuite vers l’Ukraine.
À ce stade, ces accusations restent impossibles à vérifier de manière indépendante, et Kyiv a rejeté toute implication.
Un Journal de Laura Leger et Giona Melotto.