Aujourd’hui en Europe

Aujourd hui en Europe - 13 février 2026

La retraite informelle des dirigeants européens en Belgique le 12 février 2026 à Alden biesen. Source: © European Union Aujourd hui en Europe - 13 février 2026
La retraite informelle des dirigeants européens en Belgique le 12 février 2026 à Alden biesen. Source: © European Union

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Mathilde Boht, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • En Belgique deux sommets sur la compétitivité reunissant les dirigeants européens ont eu lieu
  • La Russie bloque l’application de messagerie instantané WhatsApp 
  • En Suisse, un référendum aura lieu pour limiter la population à 10 millions de personnes

On ouvre ce journal en Belgique où ce jeudi 12 février, les Vingt-Sept chefs d’État et de gouvernement se sont rendus au château d'Alden Biesen, pour un sommet informel consacré à la compétitivité européenne. En amont, une rencontre avait déjà eu lieu entre les industriels européens et quelques dirigeants ce mercredi 11 février à Anvers. 

Oui, l'Union européenne affiche sa volonté de se saisir des enjeux de compétitivité. À Anvers, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont retrouvés afin de définir des orientations concrètes pour renforcer l’industrie européenne face aux défis mondiaux. 

Ces échanges à Anvers ont aussi servi à préparer une deuxième rencontre, un conseil européen qui prenait la forme d’une retraite dans un château des Flandres belges.

L’objectif principal de cette réunion informelle des dirigeants était de discuter de la manière de renforcer le marché unique européen, de réduire les dépendances économiques et d’améliorer la compétitivité de l’UE face à la concurrence mondiale. La présidente du Parlement européen Roberta Metsola, ainsi que Mario Draghi et Enrico Letta, auteurs de récents rapports sur la compétitivité européenne, étaient également présents. 

Les échanges se sont organisés autour de deux grandes thématiques, la première de ces thématiques étant le contexte économique.

Oui, les discussions ont porté sur la manière dont l’Union européenne peut se positionner face aux États-Unis et à la Chine. Les dirigeants ont évoqué la nécessité de réduire les dépendances dans des secteurs stratégiques comme les matières premières critiques ou les technologies sensibles. Ils ont également insisté sur l’importance d’une politique commerciale plus offensive et d’une meilleure protection contre les pratiques jugées déloyales.

La deuxième thématique concernait les stratégies internes à l’UE.

oui, avec un accent particulier sur le renforcement du marché unique. Les dirigeants ont souligné la nécessité de simplifier les règles, de stimuler l’investissement et de soutenir l’innovation afin de créer un environnement plus favorable aux entreprises européennes.

Et quelles sont les conclusions de ces deux sommets ?

Ces rencontres n’ont donné lieu ni à des décisions formelles ni à l’adoption de conclusions officielles. Surtout, que des divergences persistent, notamment entre la France et l’Allemagne. Paris défend une approche plus interventionniste avec la mise en place d’une forme de « préférence européenne » pour protéger les industries stratégiques, tandis que Berlin se montre plus prudente, privilégiant une logique d’ouverture et de compétitivité par des réformes structurelles.

Ces désaccords expliquent en partie l’absence de décisions concrètes à ce stade. La méthode pour relancer la compétitivité européenne reste sujette à débat. Les discussions continueront au prochain Conseil européen formel des 19 et 20 mars 2026, où des annonces plus précises sont attendues.

On continue ce journal en Russie, où l’accès à WhatsApp est désormais bloqué. Ce Jeudi, le Kremlin a confirmé la mesure, en accusant la messagerie — propriété du groupe Meta — de ne pas se conformer aux exigences légales russes. Le blocage est piloté par Roskomnadzor, le régulateur des télécoms et d’internet, qui peut ordonner aux opérateurs de couper l’accès à des services.

Oui, c’est un durcissement majeur du contrôle numérique. Jusqu’ici, WhatsApp restait très utilisé, alors que Facebook et Instagram sont inaccessibles sans contournement depuis 2022. Concrètement, le blocage passe par les fournisseurs d’accès, qui empêchent la connexion aux serveurs de l’application. Meta affirme que cette décision coupe plus de 100 millions de personnes d’un outil de communication chiffré de bout en bout. 

Les autorités, elles, évoquent aussi la lutte contre la fraude et des usages liés au terrorisme.

Ce blocage s’inscrit dans une série de règles qui obligent les plateformes à stocker les données d’utilisateurs en Russie et à coopérer avec les autorités, sous peine de sanctions ou d’expulsion du marché.

Et derrière l’argument juridique, l’objectif est aussi industriel et politique.

Oui, orienter les usages vers « Max », une application soutenue par l’État. Des critiques estiment qu’elle n’offre pas les mêmes garanties de confidentialité et qu’elle pourrait faciliter la surveillance, ce que les autorités contestent.

Dans le même temps, Telegram fait aussi l’objet de restrictions et de ralentissements, selon des signalements d’utilisateurs. 

Les VPN offrent encore des moyens de contournement, mais ils sont eux-mêmes régulièrement ciblés. Résultat : particuliers, associations et petites entreprises perdent un outil central, pendant que Moscou avance un pas de plus vers un internet plus fermé et plus contrôlé.

On termine ce journal en Suisse, où la croissance démographique revient au cœur du débat politique : un référendum doit se tenir le 14 juin prochain sur une initiative visant à plafonner la population à 10 millions d’habitants d’ici 2050.

Le texte, porté par l’Union démocratique du centre, la droite conservatrice suisse, prévoit un premier seuil d’alerte à 9,5 millions : à partir de là, les autorités devraient activer des mesures pour freiner l’immigration, avec notamment un durcissement de certaines règles liées à l’asile, au regroupement familial et aux permis de séjour. 

Et si la hausse ne ralentit pas, l’initiative obligerait aussi la Suisse à adapter — voire renégocier — des accords internationaux, y compris l’accord de libre circulation avec l’Union européenne.

Les opposants — dont le Conseil fédéral, c’est-à-dire le gouvernement suisse— mettent en garde contre un texte jugé impraticable et risqué pour l’économie. Ils redoutent des pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs déjà sous tension, comme la santé ou la construction, et une dégradation des relations avec l’UE.

Les partisans, eux, disent vouloir protéger la qualité de vie, le logement, les transports et l’environnement. 

La Suisse compte aujourd’hui un peu plus de 9 millions d’habitants et près d’un tiers de la population est née à l’étranger, en grande partie dans l’Union européenne.

Un journal de Mathilde Boht et Giona Melotto.