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Trente-quatre fois fidèle au micro – Le bilan d’Albrecht Sonntag

Written by on 20 juin 2019

 

Albrecht Sonntag, professeur à l’EU-Asia Institute de l’ESSCA Ecole de Management et membre d’Alliance Europa.

Trente-quatre fois fidèle au micro depuis octobre dernier, si j’ai bien compté.

Je confirme, et c’est un bon moment pour dresser le bilan de la saison écoulée et passer en revue quelques thématiques abordées. Et comme c’est la semaine du bac, je vais vous faire passer un petit examen sur quelques personnages du théâtre politique, histoire de vérifier que vous avez bien écouté cette année.

J’en tremble déjà ! Qu’est-ce que vous allez me demander ?

Commençons avec le début : nous avons commencé la saison le 4 octobre dernier, et je vous ai rappelé la profession de foi européenne d’un chef de gouvernement britannique il y a trente ans, lors d’un discours à Bruges. Question facile : de qui s’agissait-il ?

Facile, de Margaret Thatcher, bien sûr !

Correct ! Nous avons rappelé son discours à Bruges, en 1988, dont se réclament les défenseurs du Brexit. Mais à y regarder de plus près, Madame Thatcher passerait aujourd’hui carrément pour une fervente pro-européenne dans ce parti conservateur méconnaissable. Vous souvenez-vous aussi du mot que je vous ai interdit à cette occasion, une fois de plus, d’utiliser à l’antenne ?

Evidemment, l’adjectif « eurosceptique ». Un euphémisme inexact et trompeur, j’ai bien retenu !

Bien ! C’est vrai que c’est un terme qui m’horripile et qui fausse le débat.

Il y a d’autres mots clés qui se sont imposés cette année. Nous avons parlé des « humiliations » souvent imaginaires et surjouées, mais contre lesquelles il est si gratifiant de se positionner en rebelle indigné – et nous avons parlé de « colère » en novembre, ce carburant de la politique de notre époque, en mobilisant la théorie de la colère du philosophe Peter Sloterdijk.

Passons à la question suivante :

En décembre, j’ai évoqué le 100ème anniversaire d’un grand Européen, d’un grand Social-Démocrate aussi, qui avait été aux commandes de l’Allemagne entre 1974 et 1982.

Facile aussi : Helmut Schmidt ! Vous nous avez parlé de son livre composé de réflexions et discours sur la construction européenne à travers un demi-siècle. Franchement, je croyais que votre test allait être plus difficile que cela.

C’est que vous êtes bon en histoire. Passons donc à une question « sport » : je m’aperçois que nous avons parlé deux fois de football cette année. Une fois, j’ai présenté le concept du « nationalisme nonchalant », issu de nos propres recherches sur les mécanismes d’identification. Vous vous souvenez peut-être : il s’agissait d’un nationalisme du genre « postmoderne », caractérisé par la capacité de distinction entre identité culturelle – spontanée et émotionnelle – et identité politique – réflexive et rationnelle. C’est un édito que je pourrais refaire cette semaine, à l’occasion de la Coupe du monde de football féminin, mais aussi en hommage au philosophe Jürgen Habermas, qui fête ses 90 ans ces jours-ci et qui a été parmi les premiers à théoriser les identités « post-nationales ».

Puis, j’ai consacré un édito au souvenir ému d’un père fondateur de l’Europe du football, qui avait œuvré, dans les années 1950, à la création de la première Coupe d’Europe, et d’un Ballon d’Or. Vous souvenez-vous du nom de votre confrère journaliste, grande plume de L’Equipe et de France Football ?

J’avoue que j’ignorais son nom avant votre édito d’avril, mais comme ce n’est pas loin, je me souviens : Jacques Ferran.

Décidément, vous êtes incollable aujourd’hui.

Allez, une dernière, sur un édito de décembre dernier dont je suis aujourd’hui carrément fier. Il était consacré à la nouvelle cheffe des Chrétiens-Démocrates, qui venait d’être « adoubée » par Angela Merkel, et dont le nom imprononçable, Annegret Kramp-Karrenbauer, se faisait massacrer dans les rédactions audiovisuelles de France et de Navarre. Et tous parlait d’elle comme la future chancelière de l’Allemagne. Tous sauf moi ! Je vous ai au contraire fait répéter le nom du chef de file des écologistes allemands, en pronostiquant qu’il ne serait pas du tout absurde que le prochain chancelier serait vert ! Question : comment s’appelle-t-il ?

Mince alors, j’ai son nom sur le bout de la langue…

Eh bien, vous feriez bien de le mémoriser. Car Robert Habeck, c’est un nom qui risque de faire l’actualité dans un futur proche. La semaine dernière, trois sondages différents l’ont placé clairement en tête dans la succession d’Angela Merkel, que ce soit sur le plan personnel ou sur celui de son parti, qui se trouve, pour la première fois, devant les Chrétiens-Démocrates dans les intentions de vote.

Finalement, il n’est pas mal, votre éditorialiste ! Bon, d’ici les prochaines élections, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts du Rhin et du Danube, mais quand toutes les radios françaises feront le portrait de Robert Habeck, vous rappellerez en toute sérénité que sur l’antenne d’Euradio, on en parlait déjà en 2018 !

 

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