Échos d'Europe

EuroPeers : l'évolution d'Erasmus+ ?

Photo de Andrius Budrikas sur Unsplash EuroPeers : l'évolution d'Erasmus+ ?
Photo de Andrius Budrikas sur Unsplash

Michel Derdevet, président du think tank Confrontations Europe revient dans cette chronique hebdomadaire sur les dernières publications de son organisation, notamment de sa revue semestrielle. Énergie, numérique, finances, gouvernance européenne, géopolitique, social, les sujets d'analyse sont traités par des experts européens de tout le continent dont le travail est présenté par Michel Derdevet.

Confrontations Europe a récemment publié un dossier spécial, cofinancé par la Commission européenne, portant sur l’engagement des jeunes en Europe. Dans cet épisode d’Echos d’Europe, Michel Derdevet revient sur un article du dossier rédigé par Peeter Lusmägi et Kai-Ines Nelson, coordinateurs d’EuroPeers, qui nous expliquent comment fonctionne ce réseau.

Tout d’abord, comment et pourquoi a été créé le réseau EuroPeers ?

Le concept est d’abord né en Allemagne en 2005. A l’occasion de la Semaine européenne de la jeunesse, une centaine de petits événements a été organisée à travers l’Allemagne par des anciens jeunes qui ont bénéficié des programmes jeunesse de l’Union.

Suivant la même idée, EuroPeers a lui vu le jour en 2006. Le but était alors de créer un réseau d’anciens jeunes participants au programme Erasmus+ Jeunesse motivés à partager leur expérience, pour encourager leurs pairs à y participer.

Depuis, le réseau s’est développé et internationalisé. En 2014, six pays ont créé une structure commune : l’Allemagne, la Pologne, l’Autriche, l’Estonie, la Norvège et la Belgique. Aujourd’hui, on compte 14 pays actifs, avec une structure hybride : chaque pays a des coordinateurs nationaux, et on retrouve en plus de ça une coordination structurée au niveau européen.

Pourquoi cette stratégie d’accompagnement pair-à-pair fonctionne et est nécessaire ?

Des jeunes qui parlent aux jeunes, ça réduit la distance à la fois sociale, culturelle et psychologique. Les jeunes deviennent beaucoup plus intéressés quand l'information est partagée par d’autres jeunes, de manière informelle et à travers des exemples concrets. Pour beaucoup, les programmes européens sont trop lointains, ils ne sont pas pour eux. Les EuroPeers, par leur proximité en termes d’aspirations et de vision, permettent de casser cette barrière.

Le cadre français est quand même un peu différent, car le bénévolat est déjà répandu parmi les jeunes. Pour autant, il est toujours utile d’apporter plus de visibilité, de rendre ces programmes plus accessibles. Peu importe le pays, ce fonctionnement paie : quand un jeune témoigne directement de son expérience, ça devient plus imaginable pour les autres jeunes d’y participer à leur tour.

Concrètement, quels exemples positifs et négatifs peuvent être tirés d’EuroPeers ?

Tout d’abord, le réseau EuroPeers est une plateforme de citoyenneté active. Les anciens participants continuent de contribuer longtemps après leur propre expérience. C'est utile car même si la mobilité elle-même est un moment fort pour les jeunes, ça témoigne aussi des effets de cette mobilité à plus long terme.

L’engagement crée plus d’engagement ! Les jeunes qui font part de leur expérience gagnent eux-mêmes en confiance et en motivation. C'est une boucle d’apprentissage positive, les EuroPeers eux-mêmes bénéficient de ce fonctionnement, on n’est pas seulement dans le cadre d'un réseau de sensibilisation.

Pour autant, des écarts régionaux existent malgré tout, notamment car il est plus difficile de trouver des jeunes pour témoigner en zone rurale. Il faut que les bénévoles aient le temps de le faire. Développer encore plus le réseau serait donc probablement bénéfique ! Le but d’EuroPeers est d’encore davantage réduire l’écart entre les jeunes et les programmes européens qui leur sont destinés.

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.