Elise Bernard, docteur en droit public et enseignante à Sciences-Po Aix et à l'ESSEC, décrypte chaque lundi sur Euradio les implications concrètes de l'État de droit dans notre actualité et notre quotidien. Ses analyses approfondies, publiées sur la page Europe Info Hebdo, offrent un éclairage précieux sur ce pilier fondamental de l'Union européenne.
L’Etat de droit c’est l’ensemble des procédures qui permettent de répondre aux problèmes de droit qui se posent, mais au lendemain des bombardements sur l’Iran, on est frappés par le manque de réponse coordonnée face à cette rupture de la paix !
C’est vrai Laurence que cet état de sidération des dirigeants européens est inquiétant, d’autant que la première réaction s’est limitée à des déclarations tenant au fait qu’ils n’ont juste pas été mis au courant.
Pourtant, certains premiers ministres européens affichent sans réserve leur proximité avec l’administration Trump en adhérant ou se faisant représenter au Conseil de la paix, lors de son sommet du 19 février 2026.
Oui! et plus perturbant encore, est la présence comme observateur “sans mandat” de la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Suica. Chaque jour qui passe rend encore un peu plus floue les raisons de la création de cette nouvelle organisation internationale.
Sa première réunion, à l “Institut pour la paix Donald Trump “ avait promis l’envoi de milliers de militaires pour une force de stabilisation, et sur la constitution d’une force de police à Gaza.
Eh bien ce que l’on peut comprendre, à ce jour, c’est que le Conseil de la paix semble comporter un sous-groupe décisionnaire, aux motivations discutables dans ce que l’on doit entendre par “résolution des conflits”, et les Européens amis de Donald Trump n’en font pas partie.
Donald Trump avait vaguement fait mention de l’Iran mais les Européens présents n’étaient pas informés de la teneur des négociations dont il faisait mention.
C’est ce qui nous fait penser que le Conseil de paix peut, dans une certaine mesure, apparaître comme une représentation du monde des alliances au trumpisme. Mais l’épisode iranien nous éclaire sur un objectif : le Conseil de paix est pensé pour superviser l’ONU, et pour garantir des résultats conformes aux président à vie du Conseil de la paix, D. Trump. Le problème de l’Union européenne c’est qu’il est difficile de répondre à un problème qui n’a jamais été posé dans les termes actuels.
Finalement, les dirigeants européens favorables au Conseil de la paix n’ont joué aucun rôle - voire ont été exclus - de toute décision en ce qui concerne l’Iran.
Clairement, ce Conseil de la paix n’est qu’une tribune pour ces représentants en mal de visibilité sur la scène internationale. Mais il faut bien comprendre que, Viktor Orban en particulier, se range du côté de Washington en ce qui concerne le Moyen Orient, tout en invoquant la paix à tout prix en ce qui concerne le conflit de haute intensité à ses portes en Ukraine. Avec les élections législatives en Hongrie qui approchent, voyons comment ses incohérences seront perçues par les électeurs. Pour ce qui est de la réponse européenne à cette violation du droit international, elle se fait encore cruellement attendre.
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.