Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 22 juin 2026

Keir Starmer lors de son premier discours de Premier ministre, à Downing Street. © Parrot of Doom, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons Aujourd'hui en Europe - 22 juin 2026
Keir Starmer lors de son premier discours de Premier ministre, à Downing Street. © Parrot of Doom, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme :

  • Royaume-Uni : Keir Starmer annonce sa démission
  • Proche-Orient : Washington et Téhéran ouvrent des négociations à Lucerne
  • Crimée : la pénurie de carburant contraint les autorités prorusses 

On ouvre ce journal au Royaume-Uni, où Keir Starmer vient d'annoncer sa démission.

C'est devant le 10 Downing Street, ce lundi matin, que le Premier ministre a mis fin au suspense : il quitte la direction du parti travailliste et son poste de chef du gouvernement. Une sortie qui intervient à peine deux ans après son arrivée au pouvoir : en juillet 2024, Keir Starmer avait pourtant conduit le Labour à une victoire écrasante, avec une majorité de 174 sièges, mettant fin à quatorze années de gouvernement conservateur. Il a confié que chacune de ses décisions avait été guidée par la volonté de « faire passer en premier le pays qu'il aime ».

Un départ qui ne sera toutefois pas immédiat.

Keir Starmer a précisé qu'il resterait en fonction jusqu'en septembre, le temps d'organiser sa succession. Les candidatures à la tête du parti travailliste ouvriront le 9 juillet, afin qu'un nouveau leader soit en place avant la prochaine session parlementaire de l’automne. Il a promis de tout faire pour assurer une transition dans les meilleures conditions, et dit avoir informé le roi de sa décision ce lundi matin même.

Mais comment en est-on arrivé là ?

Le coup de grâce est sans doute venu jeudi dernier, avec l'élection à la Chambre des communes de son rival au sein du parti, Andy Burnham qui lorgne depuis des mois sur la succession de Keir Starmer. Avant ce scrutin, Keir Starmer assurait encore vouloir rester et se battre mais il semble avoir jeté l’éponge après qu'une demi-douzaine de ministres lui aient demandé de partir.

Reste désormais à savoir qui prendra la relève.

Le grand favori est précisément Andy Burnham. L'ancien maire du grand Manchester, vainqueur d'une élection partielle jeudi dernier, fait son entrée au Parlement ce lundi même, et apparaît comme le seul à même de pouvoir relancer un gouvernement travailliste fortement impopulaire. Il deviendrait alors le septième chef de gouvernement britannique en dix ans.

Une chute, pour Keir Starmer, après des mois de crise.

Le Premier ministre était sous pression depuis des mois : effondrement de sa popularité, revers politiques, et un parti largement distancé, dans les sondages, par la droite radicale de Reform UK. Fait pour le moins inhabituel, c'est le président américain Donald Trump qui, le premier, avait annoncé ce départ dès dimanche, devançant l'intéressé lui-même.

On continue ce journal en Suisse, où ce dimanche ont enfin débuté les négociations de paix entre les États-Unis et l'Iran.

Une première séance qui s'est achevée tôt ce lundi, au complexe de Bürgenstock, sur les rives du lac de Lucerne. Côté américain, la délégation est conduite par le vice-président JD Vance, accompagné de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. L'Iran, lui, est représenté par le président du Parlement, Mohammad Ghalibaf, et par le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

Des pourparlers qui ont débuté dans un climat de fortes tensions.

Oui des pourparlers interrompus quelques minutes seulement après leur ouverture. La délégation iranienne a quitté le bâtiment, à la suite de nouvelles déclarations de Donald Trump. Le président américain avait menacé de reprendre les frappes sur l'Iran si le pays n'empêchait pas son allié, le Hezbollah, de « causer des problèmes » au Liban. Les discussions ont finalement pu reprendre en soirée - signe que ces négociations s'annoncent difficiles.

L'objectif reste de mettre fin durablement à la guerre au Proche-Orient, comme le prévoit le mémorandum d'entente signé la semaine dernière, sous la médiation du Pakistan et du Qatar.

Oui et selon ces deux pays médiateurs, Washington et Téhéran se sont entendus sur une feuille de route visant un accord définitif dans un délai de soixante jours, avec le démarrage immédiat de discussions techniques. L'un des points-clés sera la question du nucléaire : dans le texte déjà signé, l'Iran promet qu'il ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires.

Les deux camps ont aussi convenu d'ouvrir une ligne de communication pour assurer un passage sûr aux navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement près de 20 % des hydrocarbures mondiaux.

Téhéran en avait annoncé la refermeture après des attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban. Selon le protocole, le trafic doit être pleinement rétabli dans les trente jours suivant le déminage du détroit.

Autre avancée : la création d'une cellule de gestion des conflits, réunissant les parties et le Liban, pour garantir l'arrêt des opérations militaires.

Abbas Araghchi, lui, fait état de progrès majeurs rien ne semble vraiment acté tandis que le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, continue d’assurer que son armée ne se retirerait pas du sud du Liban. Le chef de la diplomatie iranienne a par ailleurs annoncé la levée du blocus sur les exportations de pétrole, le déblocage de certains avoirs gelés et le lancement d'un vaste plan de reconstruction de l'Iran, d'au moins 300 milliards de dollars.

On termine ce journal en Ukraine, et plus précisément en Crimée, la péninsule occupée par la Russie depuis 2014.

Les autorités prorusses y ont suspendu la vente de carburant à la population, faute de stocks suffisants. Une pénurie provoquée par les attaques de drones ukrainiens, qui visent les infrastructures pétrolières et les voies d'accès au territoire pour entraver le ravitaillement russe. Le dernier de ces raids, dans la nuit de samedi à dimanche, a frappé un dépôt de carburant à Kertch : quatre personnes ont été tuées, selon le chef de l'administration prorusse.

Des frappes qui ne se limitent pas à la péninsule.

Tôt ce lundi, les quatre aéroports de Moscou ont été brièvement fermés : la défense antiaérienne dit avoir abattu près de soixante drones au-dessus de la capitale. À l'inverse, la Russie a lancé en une semaine quelque 2 200 attaques de drones et 87 missiles sur l'Ukraine, selon Volodymyr Zelensky, qui appelle ses alliés à « priver d'oxygène » Vladimir Poutine sur les plans militaire, économique et politique.

Un journal de Thomas Kox et Giona Melotto