Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Giona Melotto, Paul Thorineau et Ulrich Huygevelde.
Au programme :
- Après-guerre à Gaza : l’initiative de Trump déclenche la polémique
- France : le gouvernement impose le budget, l’ombre d’une censure plane
- Cordoue : le pays sous le choc après un accident sur la ligne grande vitesse
On ouvre ce journal avec l’initiative très controversée de Donald Trump sur l’après-guerre à Gaza. Vendredi, le président américain a annoncé la création d’un « Board of Peace », qu’il présente comme une pièce centrale de son plan en 20 points pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas. Ce comité, présidé par Donald Trump, serait chargé de superviser la gouvernance transitoire de l’enclave et d’encadrer la reconstruction. Pourquoi cette annonce fait-elle déjà polémique ?
D’abord à cause des personnalités associées au projet : Jared Kushner, le gendre et ex-conseiller de Trump, et Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, font partie des noms cités et relancent les critiques sur l’orientation politique de cette initiative. Ensuite, parce que son fonctionnement interroge : selon des informations révélées par Bloomberg, les membres siégeraient pour trois ans, mais un statut permanent au-delà de ce mandat nécessiterait de verser un milliard de dollars.
Mais c’est aussi un autre nom qui a récemment fait réagir.
Oui, c’est l’information tombée ce lundi 19 janvier : le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a annoncé que Vladimir Poutine avait été invité à rejoindre ce “Board of Peace”. Moscou dit vouloir « clarifier toutes les nuances » avant toute réponse, alors que la guerre en Ukraine se poursuit.
Et en Europe, qui a été invité à participer au projet de Trump ?
Premier nom à mentionner : celui de Viktor Orbán. Le Premier ministre hongrois, qui s’est toujours montré très favorable à la Maison Blanche depuis l’arrivée de Trump, a confirmé la présence de la Hongrie dans le projet du président américain et s’est dit prêt à « rejoindre les travaux du Conseil de la paix en tant que membre fondateur ». La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a elle aussi reçu une invitation. Le porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill, a expliqué ce lundi 19 janvier qu’Ursula von der Leyen restait en contact étroit avec les dirigeants européens sur les questions géopolitiques. « Notre priorité, c’est la paix : parvenir à la paix, et nous voulons contribuer à une approche fondée sur un plan global pour mettre fin au conflit à Gaza », a déclaré Gill, en montrant une certaine ouverture au projet de Trump.
Mais en Europe, il y en a aussi qui s’y opposent.
Oui, ce lundi 19 janvier, l’entourage d’Emmanuel Macron a indiqué que la France ne comptait pas donner suite à ce stade, évoquant des interrogations sur le cadre proposé et sur le respect des mécanismes multilatéraux, notamment l’ONU. Et dans le contexte de tensions déjà très fortes entre l’UE et Donald Trump sur le Groenland, avec des menaces de droits de douane dénoncées comme du « chantage », il paraît difficile d’imaginer que les capitales européennes prennent cette invitation pleinement au sérieux à court terme. Israël a également exprimé des objections, alors même que des critiques mettent en garde contre le fait que cet organisme dirigé par les États-Unis marginalise les voix palestiniennes.
On poursuit ce journal en France, où le gouvernement devrait finalement parvenir à faire voter son budget 2026. Ce lundi 19 janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé qu’il passerait par l’article 49.3, un outil très contesté qui permet de faire adopter un texte sans vote, sauf si une motion de censure renverse le gouvernement. Pourquoi Lecornu en arrive-t-il au 49.3 ?
Parce que l’exécutif n’a toujours pas de majorité stable à l’Assemblée nationale. Le gouvernement veut éviter un nouveau blocage institutionnel et afficher une trajectoire de réduction du déficit, mais il doit composer avec une opposition déterminée à fragiliser Matignon.
Quelles concessions ont été mises sur la table pour éviter une censure ?
Pour tenter de convaincre les socialistes de ne pas voter la censure, Lecornu a annoncé plusieurs gestes : le maintien d’un avantage fiscal sur les pensions, la hausse de 50 euros d’un complément de revenu pour 3 millions de ménages modestes, et l’extension de dispositifs comme les repas étudiants à prix réduit et certaines aides au logement. Le tout financé notamment par la prolongation d’une surtaxe sur les grandes entreprises, censée rapporter 8 milliards d’euros.
Et maintenant, quel est le risque politique ?
Le recours au 49.3 ouvre la voie à des motions de censure : La France insoumise et le Rassemblement national ont déjà annoncé leur intention d’en déposer. Tout se jouera donc sur l’attitude du Parti socialiste et des autres groupes, car une censure ferait tomber le gouvernement et replongerait le pays dans une nouvelle séquence d’instabilité politique. Et au-delà de Paris, cette crise est aussi suivie de près à Bruxelles, où la trajectoire budgétaire française reste un enjeu majeur pour l’Union.
On clôture ce journal en Espagne, où le pays reste sous le choc après la collision entre deux trains à grande vitesse survenue dimanche soir, près d’Adamuz, dans la province de Cordoue. Le bilan provisoire fait état d’au moins 40 morts et de 122 blessés, dont plusieurs encore en soins intensifs. Que s’est-il passé sur cette ligne à grande vitesse ?
Selon les premiers éléments, un train Iryo — opérateur privé de grande vitesse — assurant la liaison Malaga-Madrid a déraillé vers 19h30. Certaines voitures se sont retrouvées en travers des voies, puis ont été percutées, quelques secondes plus tard, par un train Renfe Alvia — exploité par Renfe, la compagnie ferroviaire publique — qui circulait en sens inverse. Plusieurs wagons ont quitté les rails et une partie du convoi a basculé en contrebas, compliquant l’intervention des secours sur ce secteur difficile d’accès.
Quelles sont les premières pistes de l’enquête ?
D’après Reuters, les enquêteurs s’intéressent à un possible défaut sur un joint de rail, une pièce métallique de raccord, qui pourrait avoir déclenché le déraillement. Le ministre des Transports souligne que la voie avait été rénovée récemment et que le train était neuf, ce qui rend l’accident “étrange” à ce stade. Pedro Sánchez a décrété trois jours de deuil national et promis une enquête complète,
Un journal de Giona Melotto et Ulrich Uhygevelde.