Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 26 mars 2025

© Site officiel de la présidence ukrainienne Aujourd'hui en Europe - 26 mars 2025
© Site officiel de la présidence ukrainienne

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'euradio à Bruxelles. Avec Gaspard Timmermans, Robin Job Thomas Kox, Paul Thorineau et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • Une trêve sous condition en Mer Noire
  • La visite de la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, à Jérusalem 
  • Les tensions diplomatiques autour de la visite d'Usha Vance au Groenland

Bonjour Robin, on commence ce journal en revenant sur les négociations entre Washington et Kiev ce mardi 25 mars.  La Russie et l’Ukraine ont toutes deux accepté, je cite, “d’assurer la sécurité de la navigation, de supprimer l’usage de la force et d’empêcher l’utilisation de navires commerciaux pour des objectifs militaires en Mer Noire. 

Même si on est loin de l’objectif affiché par Donald Trump à son retour à la Maison-Blanche de “conclure la paix en 24 h”, les discussions aboutissent donc à un petit accord uniquement centré sur la sécurité en mer noire. 

La guerre continue de faire rage sur le reste du territoire ukrainien comme en attestent les frappes qui continuent. La Russie a blessé 101 personnes dont 23 enfants dans la ville de Soumy en Ukraine où la situation est particulièrement difficile.

Un accord qui reste cependant encore hypothétique après les dernières annonces de Moscou.

Oui ce mardi après-midi, après les annonces d’un accord, le Kremlin a fait monter les enchères en précisant que la trêve en Mer Noire n’entrerait en vigueur que si les restrictions occidentales sur le commerce de céréales et d’engrais russes étaient levées. Donald Trump s’est de son côté engagé à appuyer le rétablissement à “l’accès à la Russie au marché mondial pour les exportations de produits agricoles et d’engrais.”

Une demande à laquelle s’opposent Ukrainiens et Européens. 

Rappelons qu’une trêve de 30 jours avait déjà été annoncée le 18 mars dernier. Cette dernière concernait uniquement les infrastructures énergétiques des deux pays en guerre. 

Oui, la liste des infrastructures, établie entre le Kremlin et la Maison Blanche lors des dernières négociations à Riyad comprenait les raffineries de pétrole, les gazoducs, les oléoducs mais également des centrales et barrages hydroélectriques. 

Un accord accepté par les deux belligérants certes, mais resté lettre morte depuis cette date. 

Rappelons que Volodymyr Zelensky sera reçu à l’Elysée par Emmanuel Macron, ce mercredi soir, à la veille du sommet ukrainien pour la mise en place de garanties de sécurité pour l’Ukraine.

On continue ce  journal en évoquant la visite de la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas ce 24 mars en Israël.

Oui en effet, Kaja Kallas s’est rendue à Jérusalem, où elle s’est notamment entretenue avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar. Sa visite intervient alors qu’Israël a recommencé à bombarder la bande de Gaza sans relâche depuis la semaine dernière. Au moins 700 personnes ont été tuées depuis la rupture du cessez-le-feu le 18 mars, selon le ministère de la santé à Gaza. La nuit du 25 mars, la voiture de Hossam Shabat, journaliste à Al Jazeera qui couvrait la guerre depuis plusieurs  mois, a été visée par l’armée israélienne alors que près de 200 journalistes ont été tués dans la zone depuis octobre 2023. 

La cheffe de la diplomatie européenne a appelé au cessez le feu et a affirmé que « la violence nourrit la violence".

Kaja Kallas a rappelé que pour l’UE la seule solution ne peut être que la reprise des négociations. Rappelons que la deuxième phase du cessez-le-feu a été suspendue depuis l'arrêt, par le gouvernement israëlien, de l’aide humanitaire à l’enclave. Le ministre israélien Gideon Sa’ar a quant à lui affirmé qu’Israël ne mettrait fin à la guerre uniquement lorsque la totalité des otages seront libérés, que Gaza sera démilitarisé.

Son voyage en Israël intervient alors que le contexte politique sur place est particulièrement tendu. Suite au limogeage jeudi 20 mars de Ronen Bar, le chef du Shin Bet, le service du renseignement intérieur, la contestation prend de l’ampleur en Israël. 

Le gouvernement israélien a limogé le directeur du Shin Bet Ronen Bar après l’enquête de ce service sur les liens entre le Qatar et des proches de Netanyahou. Le Shin Bet avait par ailleurs mis en lumière les défaillances du gouvernement lors des massacres du 7 octobre. Enfin, le Premier ministre israélien reproche à Ronen Bar d’avoir enquêté sur le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir sans son accord.

La procureure de la Cour Suprême, Gali Baharav-Miara, a cependant invalidé cette décision.

Oui en effet, celle qui représente la garante de l’Etat de droit en Israël, s’est opposée au limogeage du chef du Shin Bet. En réponse, le gouvernement le plus radical de l’histoire d'Israël, a voté une motion de défiance contre Gali Baharav-Miara ce qui pourrait entraîner sa destitution. Depuis ce week-end des dizaines de milliers de personnes défilent pour dénoncer le coup de force du régime. L’ancien procureur de la Cour Suprême se dit craindre, quant à lui, une “guerre civile”. 

On clôture ce journal en revenant sur le voyage très polémique au Groenland d’Usha Vance, l’ épouse du vice-président américain JD Vance. 

Oui, officiellement présentée comme un voyage culturel, cette visite suscite une vive opposition du côté groenlandais. Cette visite s’inscrit dans la suite des annonces répétées à plusieurs reprises par Donald Trump de vouloir prendre le contrôle de cette île danoise.

La deuxième dame sera accompagnée du conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz et du ministre de l’Énergie Chris Wright. Pendant qu’ils visiteront la base militaire américaine datant des années 1950 au nord de l’île. Une initiative censée « célébrer la culture groenlandaise », mais perçue comme une intrusion politique dans un contexte de formation d’un nouveau gouvernement à Nuuk. « Notre intégrité et notre démocratie doivent être respectées », martèle Mute B. Egede, refusant toute possibilité d’échange avec la délégation américaine. 

Notifions que cette visite ne fait suite à aucune invitation préalable du Groenland ni du Danemark. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a dénoncé mardi une « pression inacceptable » et une tentative évidente de forcer la main au Danemark sur l’avenir du territoire.

La Maison Blanche insiste sur une “visite amicale”, mais le sens de la visite ne fait aucun doute. Le vice-président JD Vance a d’ailleurs annoncé qu’il se joindra à son épouse lors de son voyage pour s’intéresser, entre autres, aux questions de sécurité du Groenland. 

Il faut rappeler qu’outre ses importantes ressources en hydrocarbures et minerais, l’île glacée est convoitée par Donald Trump depuis son premier mandat, qui y voit un enjeu stratégique majeur même si Washington y dispose déjà de bases militaires depuis des décennies.

Un journal de Assia Patel, Isaline Feller, Paul Thorineau et Robin Job.