Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Eurpoe - 24 avril 2026

Les leaders des 27 réunis à Chypre pour un Conseil informel, 23 avril 2026. Source : Union européenne Aujourd'hui en Eurpoe - 24 avril 2026
Les leaders des 27 réunis à Chypre pour un Conseil informel, 23 avril 2026. Source : Union européenne

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • Sommet à Chypre : l’UE à l’épreuve des crises internationales  
  • Énergie : l’Europe riposte face à la flambée des prix 
  • Manche : Paris et Londres durcissent leur lutte contre l’immigration 

On ouvre ce journal à Chypre, où les chefs d’Etat et de gouvernement européens se réunissent depuis hier. Un sommet qui, bien qu’informel, a des enjeux considérables. 

Entre la guerre en Ukraine et les conflits au Moyen-Orient, la multiplication des tensions aux portes de l’Europe met les dirigeants face à la nécessité d’une réaction collective. Chypre a toujours milité pour un rapprochement avec ses voisins méditerranéens. Le pays entend donc faire de cette rencontre l’occasion de renforcer leur coopération stratégique. 

Plusieurs sujets majeurs sont à l'ordre du jour.

Premier sujet au menu : l’aide directe à l’Ukraine. Deux avancées décisives ont été définitivement validées, après des mois de blocage de la Hongrie. D’abord, le déblocage du prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, qui devrait intervenir courant juin 2026. Mais aussi un vingtième paquet de sanctions contre la Russie. Elles visent notamment les opérations de sa “flotte fantôme” ou des entreprises liées à son industrie militaire. 

Volodymyr Zelensky, venu spécialement sur l’île méditerranéenne, a profité de sa visite pour relancer la question de l’adhésion de son pays à l’UE. 

Cette demande divise encore les Vingt-Sept. Malgré les progrès déjà réalisés dans la voix de son adhésion, plusieurs dirigeants rappellent que l’Ukraine devra remplir toutes les conditions et ne bénéficiera ni de passe-droit ni d’une procédure accélérée. Depuis des mois, les capitales européennes cherchent à rapprocher l’Ukraine de l’UE tout en évitant son adhésion pleine et entière. Mais pour l’heure, aucune solution n’a émergé.

Autre dossier central du sommet : le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences pour l’Europe, notamment économiques.

Les Européens veulent peser dans un contexte qui reste très incertain, notamment autour du cessez-le-feu avec l’Iran. Mais aussi après l’annonce hier par Donald Trump d’une nouvelle prolongation de trois semaines de la trêve entre Israël et le Liban. La question du détroit d'Ormuz est toujours au cœur des préoccupations : les Européens veulent garantir la libre navigation dans cette zone stratégique. 

Mais c’est plus largement la situation du Liban et du Moyen-Orient dans son ensemble qui doit être évoquée. 

Les dirigeants de l’UE déjeunent ce midi à Nicosie avec le président libanais Joseph Aoun, mais aussi avec leurs homologues égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, et syrien, Ahmed Al-Charaa. L’invitation du nouvel homme fort de la Syrie, près d’un an et demi après qu’il a renversé Bachar Al-Assad, est particulièrement symbolique. Elle traduit une volonté de renouer avec le pays, pour le stabiliser mais aussi y renvoyer ses ressortissants installés en Europe.

Une question très sensible doit également être abordée : les finances européennes.

Les dirigeants européens doivent aborder la question des quelque 2 000 milliards d’euros du futur budget européen de 2028 à 2034. Des négociations qui s’annoncent difficiles. La plupart des pays de l’UE souhaitent réduire le montant global, mais ne sont pas d’accord sur les enveloppes à réduire. La France, elle, est favorable à davantage d’investissements européens. L'objectif de Bruxelles est de parvenir à un accord sur le nouveau budget d'ici à la fin de l'année, car des élections importantes auront lieu en 2027 : en France, en Italie, en Espagne et en Pologne. 

On continue ce journal à Bruxelles, où la Commission a présenté son nouveau plan pour apporter un “soulagement immédiat aux ménages et aux industries en Europe” face à la hausse des prix de l'énergie.

“Accelerate EU” : c’est le nom qu’a donné la Commission européenne à ce nouveau plan. La version finale de celui-ci sera discutée et élaborée au cours du prochain Conseil européen, mais la Commission a déjà présenté les mesures phares qu’il contiendra. 

Et de ce que l’on sait pour le moment, Accelerate EU concentrera les efforts de l’Europe sur 2 objectifs principaux. 

Mercredi, Teresa Ribera, la vice-présidente exécutive de la Commission, a en effet dévoilé les 2 grands axes de ce nouveau plan. Le premier : apporter des mesures d’aide immédiates aux citoyens et aux entreprises européennes, avec des objectifs concrets. Parmi ceux-ci, des régimes ciblés d'aide au revenu, des bons énergétiques ou encore une “réduction des droits d'accises sur l'électricité pour les ménages vulnérables”. 

Le 2ème axe de ce plan sera quant à lui centré sur l’accélération de la transition vers des énergies propres et locales.

Pour Dan Jørgensen, commissaire européen à l’énergie, il s’agit de la seule façon durable de “garantir à tous les Européens un approvisionnement énergétique stable, sûr et abordable”. Parmi les premières mesures mises sur la table, réduire les prix des transports publics et diminuer la TVA sur les panneaux solaires et pompes à chaleurs sont les plus notoires.

Un plan qui arrive à point nommé pour l’Europe, sérieusement fragilisée par la situation géopolitique actuelle. 

Presque 50 jours après le début du conflit au Moyen-Orient, l’addition est en effet salée pour Bruxelles. Sur cette courte période, la facture énergétique de l’UE a augmenté de 22 milliards d’euros. Et ce avec des répercussions considérables sur la vie quotidienne, la plus notoire étant sûrement l’augmentation impressionnante des prix du pétrole à la pompe. Pour Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la crise que l’on connaît aujourd’hui est même “plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies".

On termine ce journal en revenant sur un nouvel accord conclu ce mercredi 22 avril entre la France et le Royaume-Uni pour tenter de freiner les traversées de migrants dans la Manche.

Cet accord intervient alors que les arrivées irrégulières au Royaume-Uni étaient particulièrement élevées en 2025, selon Londres. Sous pression de l’extrême-droite, le gouvernement de Keir Starmer promet donc de “reprendre le contrôle des frontières”. Une promesse cruciale à quelques semaines d’élections locales qui pourraient déterminer son maintien au pouvoir. 

L’accord prévoit donc un renforcement significatif des moyens pour lutter contre l’immigration clandestine. 

Oui, avec une augmentation de moitié des forces de l’ordre consacrées à ces missions. Mais aussi une unité de CRS et le déploiement de drones, d’hélicoptères et de moyens électroniques. L’objectif : empêcher les départs vers l’Angleterre depuis les côtes françaises. Une partie du financement britannique dépendra toutefois de l’efficacité de ces mesures.

Mais cet accord suscite de vives critiques.

Des ONG comme Médecins sans frontières dénoncent une politique qui pousse les migrants vers des traversées plus dangereuses voire mortelles et vers les réseaux de passeurs et de trafiquants. L’association d’aide aux migrants Utopia 56 parle, elle, d’une politique “inefficace” et “dangereuse”. 

Un journal de Nicolas Le Guily et Manon Gendreau.