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Voyage temporel : sur les traces du traité de Guadalupe Hidalgo

Photo de Adolfo Félix sur Unsplash Voyage temporel : sur les traces du traité de Guadalupe Hidalgo
Photo de Adolfo Félix sur Unsplash

Toutes les semaines, Stéphanie Taupin et Fabien Hée vous emmènent à la découverte de l'Europe... et plus si affinité ! Les cofondateurs de l'agence Les Éclaireurs Du Voyage ramènent de leurs repérages sur le terrain, souvenirs de rencontres, trouvailles insolites et conseils pour vos prochains voyages. Un regard parfois amusé, toujours sincère, sur ces destinations qui nous entourent et nous en font voir de toutes les couleurs.

Fabien Hée, vous êtes cofondateur de l’agence Les Éclaireurs du Voyage, et aujourd’hui, vous nous emmenez sur les traces du traité de Guadalupe Hidalgo.

Exactement Laurence. Direction le Mexique et les États-Unis pour revenir sur le traité de Guadalupe Hidalgo, signé le 2 février 1848. Un accord décisif qui met fin à la guerre entre les deux pays et qui va profondément transformer la carte de l’Amérique du Nord. C’est un événement historique majeur, aux conséquences géopolitiques, culturelles et territoriales encore visibles aujourd’hui.

Fabien, pouvez-vous nous rappeler le contexte historique de ce traité ?


Bien sûr. Au milieu du XIXᵉ siècle, les États-Unis sont en pleine expansion territoriale, portés par l’idéologie du Destin manifeste, selon laquelle la nation est appelée à s’étendre d’un océan à l’autre. Le Mexique, indépendant depuis peu, contrôle alors un immense territoire qui inclut la Californie, le Texas, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Nevada et l’Utah. Les tensions dégénèrent en guerre en 1846, et après deux années de combats, le Mexique est contraint de signer le traité de Guadalupe Hidalgo.

Concrètement, que change ce traité sur le plan géographique ?


Il redessine littéralement l’Amérique du Nord. Le Mexique cède près de la moitié de son territoire aux États-Unis. En échange, il reçoit une compensation financière et une promesse de protection des populations mexicaines vivant sur ces terres, promesse qui sera malheureusement peu respectée. Ce traité marque l’entrée définitive des États-Unis comme grande puissance continentale.

Ce sont aujourd’hui des régions très touristiques…


Exactement, et c’est ce qui rend ce sujet passionnant. La Californie, avec San Francisco, Los Angeles, la côte Pacifique et les parcs nationaux comme Yosemite ou Joshua Tree, fait partie intégrante de cet héritage. L’Arizona et l’Utah abritent certains des paysages les plus spectaculaires au monde, comme le Grand Canyon, Monument Valley ou Bryce Canyon. Tous ces territoires ont une histoire profondément marquée par la rencontre – souvent conflictuelle – entre cultures amérindiennes, mexicaines et anglo-saxonnes.

Et côté mexicain, que peut-on découvrir sur place ?


Le village de Guadalupe Hidalgo, aujourd’hui intégré à Mexico, est le lieu exact de la signature du traité. Il est possible d’y visiter l’ancienne basilique et de comprendre le contexte politique de l’époque. Plus largement, voyager au Mexique permet de saisir la profondeur historique du pays, son identité forte, et la manière dont cette perte territoriale a façonné le rapport du Mexique à son voisin du nord.

Ce traité a-t-il laissé une empreinte culturelle visible aujourd’hui ?


Oui, très clairement. Dans le sud-ouest des États-Unis, la culture mexicaine est omniprésente : architecture, gastronomie, langue, traditions. Des villes comme Santa Fe, San Antonio ou San Diego témoignent de ce métissage unique. C’est une région où l’histoire se ressent au quotidien, dans les paysages comme dans la vie locale.

Pour un voyageur curieux d’histoire, comment intégrer ce thème dans un itinéraire ?


On peut imaginer un voyage passionnant entre le Mexique et le sud-ouest américain, en suivant les anciennes frontières, en alternant grandes villes culturelles, sites naturels spectaculaires et lieux chargés de mémoire. C’est un voyage qui donne du sens, qui permet de comprendre comment l’histoire façonne les territoires et les identités.

A quel moment de l’année, conseillez vous de vous y rendre ?

La meilleure période pour explorer les territoires liés au traité de Guadalupe Hidalgo se situe au printemps (avril–mai) et à l’automne (septembre–octobre), lorsque les températures sont douces et les paysages particulièrement beaux. Ces saisons permettent de profiter pleinement des parcs nationaux, des villes et des sites historiques, sans la foule ni la chaleur extrême.

Merci Fabien.

Thank you Laurence, et à la semaine prochaine !

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.

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