Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Laura Léger, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.
Au programme :
- Zelensky à Davos : des garanties américaines en vue, la paix se joue à Abou Dhabi
- Tournant énergétique : solaire et éolien dépassent les fossiles dans l’UE en 2025
- Après le drame d’Andalousie, nouveaux incidents : l’Espagne face à une semaine noire du rail
On ouvre ce journal à Davos, où Volodymyr Zelensky dit avoir obtenu un accord clé avec Washington : des garanties de sécurité américaines pour l’Ukraine.
Jeudi 22 janvier, le président ukrainien, invité du Forum économique mondial, affirme que « les garanties de sécurité, c’est prêt » : un document qui devrait être signé par lui et Donald Trump. Pour Kyiv, c’est indispensable : sans garanties solides, un cessez-le-feu risquerait de n’être qu’une pause avant une nouvelle offensive russe.
Mais tout n’est pas réglé pour autant.
Non. Parce que l’autre dossier central reste entier : l’avenir des territoires occupés à l’Est. C’est le nœud politique et symbolique de ces négociations : que deviendront le Donbass et les régions sous contrôle russe ? Zelensky dit que les textes de travail sont « presque prêts », mais sur cette question, les lignes rouges restent difficiles à concilier.
Et l’Europe, dans tout ça ?
Zelensky a aussi adressé un message assez rude aux Européens. Il reproche à l’Europe de parler de souveraineté, mais de tarder à investir dans sa défense et sa production d’armements. Il appelle les Européens à accélérer, à se coordonner et à parler d’une seule voix. Et il dit repartir de Davos avec des promesses de renforcement de la défense aérienne, au moment où la Russie intensifie ses frappes sur les infrastructures énergétiques.
Et pendant ce temps, Moscou discute aussi avec les Américains.
Dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 janvier, l’émissaire américain Steve Witkoff — un proche de Donald Trump, chargé de missions diplomatiques sensibles — s’est entretenu à Moscou avec Vladimir Poutine, selon le Kremlin, qui a parlé d’un échange « utile à tous points de vue ». Jared Kushner, le gendre de Donald Trump et ancien conseiller influent à la Maison-Blanche, a lui aussi été associé à cette séquence de contacts.
Et la suite, c’est ce meeting trilatéral annoncé pour aujourd’hui.
Exactement : une première réunion trilatérale entre représentants ukrainiens, russes et américains est annoncée ce vendredi 23 janvier à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, avec une possible prolongation samedi sur des questions de sécurité. C’est un moment inédit : c’est la première fois depuis le début de la guerre à grande échelle qu’Ukrainiens et Russes se retrouvent à la même table en présence des États-Unis. Zelensky dit espérer un “signal positif”, tout en rappelant que c’est souvent dans cette phase — quand les discussions passent du principe aux détails — que tout se joue, et que la dernière ligne droite vers la paix sera la plus difficile.
On poursuit ce journal en évoquant un tournant historique concernant la production d’électricité européenne : en 2025, le solaire et l’éolien ont produit, pour la première fois, plus d’électricité que les énergies fossiles dans l’Union européenne.
Oui, d’après le think tank Ember, l’éolien et le solaire pèsent désormais 30 % du mix électrique européen, contre 29 % pour le charbon et le gaz réunis.
Un cap important, qui montre que la transition s’accélère.
Et la dynamique est surtout portée par le solaire, en hausse continue dans de nombreux pays. Il y a une raison simple : c’est aujourd’hui l’énergie renouvelable la moins chère à déployer, et donc la plus rapide à installer à grande échelle, aussi bien pour les grands parcs que pour les toitures des particuliers et des entreprises.
Mais ce record ne veut pas dire que l’Europe a déjà tourné la page des fossiles.
Non, car le gaz est reparti à la hausse en 2025, notamment pour compenser la baisse de l’hydroélectricité, pénalisée par des conditions météo moins favorables. Résultat : une dépendance aux importations qui reste élevée, et une facture énergétique qui peut repartir à la hausse lors des pics de consommation.
Et désormais, la grande question devient technique : le réseau peut-il suivre ?
C’est le défi clé. Les experts alertent sur des infrastructures parfois trop lentes à s’adapter : raccorder les nouveaux parcs, renforcer les lignes, développer le stockage et mieux gérer l’intermittence. Sans investissements rapides, cette bascule historique pourrait se heurter à un plafond… alors même que l’UE veut accélérer encore.
On termine ce journal en Espagne, où la série noire de 3 accidents consécutifs sur les rails continue d’inquiéter.
Jeudi 22 janvier, un train de banlieue de l’opérateur public Renfe a percuté une grue près de Carthagène, dans la région de Murcie, faisant plusieurs blessés légers.
Selon les autorités locales, le train n’a pas déraillé et la grue n’appartenait pas à Renfe. La circulation a été interrompue le temps de sécuriser la zone et de prendre en charge les passagers.
Cet incident survient alors que le pays est encore sous le choc du drame survenu il y a quelques jours en Andalousie.
Dimanche 18 janvier, près d’Adamuz - province de Cordoue - la collision entre deux trains à grande vitesse a fait au moins 45 morts, un bilan encore alourdi après la découverte de nouveaux corps jeudi. L’Espagne a décrété trois jours de deuil national, les funérailles ont commencé dans la province de Huelva, et l’émotion est ravivée par un autre accident survenu mardi 20 janvier près de Barcelone : un train régional a déraillé après l’effondrement d’un mur sur la voie, faisant un mort et plusieurs blessés.
Un Journal de Ulrich Huygevelde et Giona Melotto.