Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 1er avril 2025

© Site officiel de la présidence ukrainienne Aujourd'hui en Europe - 1er avril 2025
© Site officiel de la présidence ukrainienne

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'euradio à Bruxelles. Avec Gaspard Timmermans, Robin Job Thomas Kox, Paul Thorineau et Ulrich Huygevelde.

Au programme

- La tension monte dans la résolution du conflit entre Russie-Ukraine, les Etats-Unis menacent le pétrole russe et exigent un accord sur les minerais avec l'Ukraine 

- La participation de Marine Le Pen à la présidentielle 2027 suspendue

- L'UE s'apprête à sanctionner Apple et Méta

Bonjour Gaspard, on commence ce journal en évoquant les très faibles avancées dans les pourparlers entre Moscou et Washington vers un hypothétique cessez-le-feu. Donald Trump s’est déclaré dimanche 30 mars, je cite, “très énervé” et “furieux”  à l’encontre de son homologue russe Vladimir Poutine. 

Oui en effet, les pourparlers entre Russes et Américains semblent désormais patiner. Face à cette absence de progrès, le président américain a d’ailleurs menacé ces derniers jours “d’imposer de nouvelles taxes sur le pétrole russe” dans une interview accordée à la chaîne américaine NBC.

Donald Trump a d’ailleurs affirmé qu’il prévoyait de s'entretenir très prochainement avec le président russe.

Cette réaction surprenante du président américain sur la chaîne NBC est intervenue peu de temps après que son homologue russe, Vladimir Poutine, a évoqué l’idée d’une “administration transitoire” pour l’Ukraine, sous l’égide de l’ONU.

Oui c’est ce qu’a déclaré le président russe devant des marins à Mourmansk la semaine dernière. “Pour organiser une élection présidentielle démocratique qui se solderait par l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement compétent et qui aurait la confiance du peuple”, a-t-il justifié. Une déclaration qui a provoqué une réaction irritée de son homologue américain. Donald Trump a ainsi rappelé, je cite, “c’est avec Volodymyr Zelensky qu’il faut négocier, qu’il l’aime ou qu’il ne l’aime pas.”

Après les critiques acerbes du président américain, son homologue russe s’est toutefois dit “ouvert à tout contact” avec Donald Trump. 

Le président américain ne s’en est pas pris qu’à Vladimir Poutine, il a aussi visé Volodymyr Zelensky. 

Oui, une fois encore le président américain s’en est également pris au président ukrainien, accusé de ne pas donner suite assez rapidement à “l’accord” sur les terres rares que Washington tente de lui imposer.

Volodymyr Zelensky a souligné vendredi que, je cite, ce nouveau projet comprend « beaucoup de choses qui n’avaient pas été discutées et certaines qui avaient déjà été rejetées par les parties » alors que les critiques fusent dans la société et au sein de la classe politique ukrainienne sur ce qui est considéré par beaucoup à Kiev comme une tentative de rapt.

En Ukraine toujours, avait lieu hier lundi 31 mars la commémoration des 3 ans de la libération de la ville de Boutcha, dans la banlieue de Kiev. On le rappelle, la ville avait été occupée par les Russes dans les premiers mois de la guerre et le théâtre de terribles exactions.

Oui, et cette célébration a pris la forme d’un sommet commémoratif, organisé par l’Ukraine et qui a rassemblé des représentants de différents pays. Les présidents et chefs de délégation des parlements nationaux de plusieurs États comme la Belgique, la Croatie, la Pologne ou encore le Portugal ont tenu à marquer leur soutien indéfectible à l’Ukraine en ces temps de guerre et de menaces sur la sécurité de l’Europe.

Dans une déclaration commune, les représentants ont notamment  appelé à « la création d’un tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine ».

On continue ce journal en France au sujet de l’annonce de la condamnation de Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement National est désormais inéligible pour 5 ans et ne pourra donc pas se présenter aux élections présidentielles françaises de 2027.

En effet, cette annonce a fait l’effet d’une bombe en France. Le tribunal de Paris a condamné l’ancienne présidente du parti d’extrême droite, 3 fois candidate à la présidentielle, dans l’affaire des assistants parlementaires européens ce lundi 31 mars. Reconnue comme coupable de détournements de fonds publics avec son parti lié à des emplois fictifs au Parlement européen. 

Le tribunal a rendu son verdict et a estimé que neuf eurodéputés poursuivis se sont rendus coupables de détournement de fonds publics, et douze assistants de recel. Le tribunal a estimé que l’ex-présidente d’extrême droite est au cœur du système de l'enrichissement du parti qui en a découlé. 

Marine Le Pen est condamnée à 4 ans de prison, dont deux avec sursis, mais elle n’ira sans doute pas en prison. 

Non, elle n’ira certainement pas purger ses deux ans fermes car ils peuvent être aménagés sous bracelet électronique et accompagnés d’une amende de 100.000 euros. A cela s’ajoute, cette inéligibilité de 5 ans qui provoque une véritable onde de choc en France.

La candidate du Rassemblement National a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait faire appel de cette décision. 

Oui, l’ancienne présidente du parti d'extrême droite qui a quitté précipitamment le tribunal avant l’énoncé du verdict s’est rendue aussitôt au siège de son parti. Son avocat a déclaré que “cette décision était un coup à la démocratie et a confirmé qu’ils allaient faire appel.”  

On clôture ce journal en abordant l’annonce des suspensions de l’Union européenne envers les firmes américaines Apple et Meta en vertu de la loi sur les plateformes numériques qui devrait tomber cette semaine. 

Oui, les deux géants américains étaient sous la menace de sanctions des grandes instances européennes depuis quelque temps déjà au sujet du DMA, le Digital Markets Act. L'Union européenne a lancé des enquêtes de non-conformité signalant une position plus stricte sur la concurrence numérique en Europe et, par cette annonce, elle devrait donner les premiers résultats de trois longues années d’investigations. 

En raison de la guerre commerciale avec les Etats-Unis, l’Union européenne devrait finalement imposer des sanctions minimes envers les entreprises concernées.

Oui, la guerre commerciale devrait profiter à Apple et Méta. Initialement Apple était sous la menace en raison de ses règles qui les empêchent de communiquer des offres aux utilisateurs de l’iPhone mais aussi sur les défauts du navigateur d’Apple, alors que Méta, devrait recevoir des sanctions pour avoir imposé des conditions d’utilisation à ses utilisateurs sur leurs données personnelles.

Donald Trump a d’ailleurs, une nouvelle fois prévenu, qu’il imposerait des droits de douanes aux pays qui prélèvent des taxes sur leurs services numériques. En raison de cette tension naissante, l’Union européenne s’apprête à imposer des sanctions minimes mais continue de prendre très au sérieux les modèles des Big Tech contraires à leur réglementations, notamment le “pay or consent’ de Méta qui invite à payer pour protéger ses données personnelles”.